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Maître Reda KOHEN, avocat au Barreau de Paris
Maître Reda KOHEN
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Tribunal de commerce de Paris, le 16 décembre 2025, n°2025104023

Le tribunal des activités économiques de Paris, par un jugement contradictoire du 16 décembre 2025, ouvre une procédure de liquidation judiciaire simplifiée à l’égard d’une société commerciale en état de cessation des paiements. La société débitrice avait déposé une déclaration de cessation des paiements le 27 novembre 2025, invoquant un passif exigible de 327 093 euros pour un actif disponible inexistant. La question de droit portait sur la réunion des conditions légales d’ouverture d’une liquidation judiciaire simplifiée pour une petite entreprise. Le tribunal a fait droit à la demande en constatant l’état de cessation des paiements et l’impossibilité d’un redressement.

L’état de cessation des paiements est caractérisé par l’insuffisance d’actif disponible face au passif exigible.

Le tribunal constate que l’entreprise est “manifestement dans l’impossibilité de faire face à son passif exigible avec son actif disponible” (Sur ce). Cette appréciation souveraine des faits par le juge du fond repose sur un bilan économique précis, incluant un chiffre d’affaires annuel de 16 570 euros. La valeur de cette motivation est de rappeler le critère concret de la cessation des paiements, distinct d’une simple difficulté financière. La portée de cette solution est de sécuriser l’ouverture de la procédure sur des éléments comptables objectifs et non sur une simple déclaration.

L’absence de perspective de redressement justifie le choix de la liquidation judiciaire plutôt que d’une procédure de sauvegarde.

Le tribunal motive ce choix par “un manque de soutien financier” et “un manque de clientèle” (Sur ce). Cette double carence établit l’impossibilité manifeste de poursuivre l’activité dans des conditions viables. Le sens de cette décision est d’appliquer strictement l’article L. 640-1 du code de commerce qui exige l’absence de solution alternative. La valeur pédagogique de cet arrêt est de démontrer que l’absence de soutien bancaire et de marché suffit à écarter un redressement. Sa portée est de limiter le pouvoir d’appréciation du juge à l’examen de circonstances objectives.

La procédure simplifiée est adaptée à la taille modeste de l’entreprise et à son absence de bien immobilier.

Le tribunal applique l’article L. 641-2 du code de commerce en ouvrant une liquidation judiciaire simplifiée, ce qui se justifie par l’effectif de deux salariés et l’absence d’actif immobilier. Le sens de cette disposition est d’alléger les contraintes procédurales pour les petites entreprises dont la situation est simple. La valeur de cette application est de garantir une célérité de la procédure, conforme à l’objectif de célérité des procédures collectives. La portée pratique est de réduire les coûts et les délais pour les créanciers et le débiteur.

La fixation de la date de cessation des paiements et des délais de procédure encadre rigoureusement le déroulement de la liquidation.

Le juge fixe la cessation des paiements au 31 juillet 2025, “qui correspond à la date des salaires impayés” (Par ces motifs). Cette datation précise permet de déterminer la période suspecte et d’éventuelles actions en nullité de la période suspecte. La valeur de cette fixation est de respecter l’exigence de l’article L. 631-8 du code de commerce qui impose une date certaine. La portée de cette mesure est de protéger l’égalité des créanciers en remontant l’effet de la procédure à la première manifestation de l’insolvabilité.

Source : Cour de cassation – Base Open Data « Judilibre » & « Légifrance ».