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Maître Reda KOHEN, avocat au Barreau de Paris
Maître Reda KOHEN
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Tribunal de commerce de Douai, le 16 décembre 2025, n°2025003919

Le tribunal de commerce de Douai, dans un jugement du 16 décembre 2025, a ouvert une liquidation judiciaire simplifiée immédiate. Un gérant avait déclaré la cessation des paiements de sa société, une SARL, le 15 décembre 2025. La question de droit portait sur la réunion des conditions légales pour ouvrir une telle procédure. Le tribunal a fait droit à la demande, constatant l’état de cessation des paiements et l’éligibilité à la liquidation simplifiée.

L’état de cessation des paiements est établi par des données chiffrées précises.

Le tribunal retient que la société « se trouve dans l’impossibilité de faire face à son passif échu et exigible qui s’élève à 7 903 euros avec son actif disponible négatif de 2 496 euros » (Attendu). Cette constatation objective et chiffrée démontre le déséquilibre financier irrémédiable. La valeur de ce motif est de fonder la décision sur une réalité comptable, et non sur une simple appréciation. Sa portée est de rappeler que le passif exigible doit excéder l’actif disponible pour caractériser l’état de cessation.

Les conditions de la liquidation judiciaire simplifiée sont également vérifiées par le tribunal.

Le jugement indique que la société « remplit en conséquence les conditions pour l’application du régime de la liquidation judiciaire simplifiée » (Attendu). Il précise que l’entreprise ne possède pas de bien immobilier et que ses seuils de salariés et de chiffre d’affaires sont inférieurs aux limites légales. Le sens de cette vérification est d’assurer l’application d’une procédure allégée à une petite entreprise. La portée est de sécuriser l’emploi d’une procédure dérogatoire, plus rapide et moins coûteuse.

La décision ouvre la procédure et fixe la date de cessation des paiements au 23 juillet 2024.

En fixant cette date, le tribunal exerce son pouvoir souverain d’appréciation pour déterminer le moment précis de la cessation des paiements. Cette fixation est essentielle car elle détermine la période suspecte durant laquelle certains actes du débiteur peuvent être annulés. La portée de cette mesure est de préserver l’intérêt des créanciers en permettant de reconstituer le gage commun.

Le jugement désigne un liquidateur et un commissaire de justice pour inventorier l’actif.

La nomination d’un professionnel pour réaliser l’inventaire mobilier vise à garantir une évaluation objective et exhaustive des biens. Cette mesure concrétise la procédure en permettant la réalisation rapide de l’actif, conformément à l’article L644-2 du code de commerce. La valeur de cette disposition est d’assurer l’efficacité de la liquidation et la transparence des opérations.

Source : Cour de cassation – Base Open Data « Judilibre » & « Légifrance ».