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Maître Reda KOHEN, avocat au Barreau de Paris
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Tribunal de commerce de Reims, le 16 décembre 2025, n°2025F05217

Le tribunal de commerce de Reims, dans un jugement du 16 décembre 2025, a ouvert une procédure de redressement judiciaire à l’égard d’un artisan peintre.

Un créancier, l’URSSAF, avait assigné le débiteur pour obtenir l’ouverture d’une procédure collective en raison d’une créance impayée.

Le débiteur a comparu en personne et a donné son accord à l’ouverture d’un redressement judiciaire.

La question de droit portait sur la caractérisation de l’état de cessation des paiements justifiant l’ouverture de cette procédure.

La solution retient que le débiteur est en cessation des paiements et ouvre une période d’observation de six mois.

I. La caractérisation de l’état de cessation des paiements

Le tribunal constate que le débiteur est dans l’impossibilité de faire face à son passif exigible avec son actif disponible.

Il résulte des pièces produites que la créance de l’URSSAF est certaine, liquide et exigible pour un montant de 22.477,97 euros.

La juridiction affirme que “le débiteur se trouve dans l’impossibilité de faire face à son passif exigible avec son actif disponible” (Motifs).

Ce constat emporte la qualification légale de cessation des paiements au sens de l’article L.631-1 du code de commerce.

La valeur de cette décision est d’appliquer strictement la définition légale de la cessation des paiements, sans égard à l’accord du débiteur.

En portée, ce jugement rappelle que l’état objectif d’insolvabilité prime sur la volonté des parties pour déclencher une procédure collective.

II. Les mesures d’organisation et de suivi de la procédure

Le tribunal fixe provisoirement la date de cessation des paiements au 13 novembre 2025, date de l’assignation.

Une période d’observation de six mois est ouverte jusqu’au 16 juin 2026 pour permettre l’élaboration d’un bilan économique et social.

La juridiction désigne un juge-commissaire, un mandataire judiciaire et un commissaire de justice pour réaliser l’inventaire.

Elle ordonne également la désignation d’un représentant des salariés et fixe une audience de suivi au 12 février 2026.

La valeur de ces dispositions est d’assurer un encadrement strict et immédiat de la gestion du débiteur sous contrôle judiciaire.

En portée, ce jugement illustre la mise en œuvre des pouvoirs du tribunal pour organiser la sauvegarde de l’entreprise tout en protégeant les créanciers.

Source : Cour de cassation – Base Open Data « Judilibre » & « Légifrance ».