Le tribunal de commerce de Toulon, dans un jugement du 16 décembre 2025, homologue une transaction conclue entre le liquidateur judiciaire d’une société et son ancien dirigeant. Un liquidateur judiciaire avait assigné le dirigeant pour obtenir le comblement d’une insuffisance d’actif de 403 760,42 euros. Les parties ont ensuite soumis à l’homologation un protocole transactionnel, autorisé par le juge-commissaire. La question de droit portait sur les conditions d’homologation d’une transaction par le tribunal saisi d’une instance en responsabilité. La solution retient que l’accord remplit les conditions légales et est conforme à l’intérêt collectif.
L’office du juge dans l’homologation d’une transaction.
Le tribunal vérifie d’abord l’existence de concessions réciproques entre les parties à l’accord. Il « constate que l’accord visé contient des concessions réciproques » (Motifs de la décision). Cette vérification est essentielle pour qualifier juridiquement la convention de transaction au sens de l’article 2044 du code civil. Le juge s’assure ainsi de la cause licite de l’accord qui justifie l’extinction du litige.
Le juge exerce ensuite un contrôle sur la conformité de la transaction à l’intérêt collectif des créanciers. Il relève que l’accord « ne semble pas contraire à l’intérêt collectif des créanciers » (Motifs de la décision). Ce contrôle spécifique protège la masse des créanciers dans le cadre d’une procédure collective. Cette décision illustre le rôle du tribunal comme gardien de l’intérêt commun.
La valeur et la portée de l’homologation judiciaire.
L’homologation confère force exécutoire à la transaction et la rend opposable à tous. Le jugement « homologue le protocole transactionnel » (Par ces motifs), ce qui lui donne l’autorité de la chose jugée. Cette solution sécurise l’accord en évitant un nouveau contentieux sur son exécution.
La portée de cet arrêt réside dans la conciliation entre la liberté contractuelle et les impératifs des procédures collectives. Le tribunal valide une solution négociée qui met fin à une action en responsabilité pour insuffisance d’actif. Cette homologation permet d’apaiser le litige tout en préservant les droits des créanciers par un contrôle judiciaire minimal mais effectif.