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Maître Reda KOHEN, avocat au Barreau de Paris
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Tribunal de commerce de Rennes, le 17 décembre 2025, n°2025P00631

Le tribunal de commerce de Rennes, par un jugement du 17 décembre 2025, a ouvert une procédure de liquidation judiciaire simplifiée à l’encontre d’une entreprise individuelle à responsabilité limitée exerçant une activité de pose de cloisons et de charpente. La société débitrice avait déposé une déclaration de cessation des paiements la veille de l’audience. La question de droit portait sur la réunion des conditions légales pour prononcer une liquidation judiciaire simplifiée. Le tribunal a fait droit à la demande en ouvrant cette procédure et en autorisant une courte poursuite d’activité.

Les conditions d’ouverture de la liquidation judiciaire simplifiée étaient clairement remplies.

Le tribunal a constaté que la débitrice se trouvait en état de cessation des paiements et que tout redressement était impossible. Il a relevé que l’actif ne contenait aucun bien immobilier et que les seuils légaux étaient respectés. Cette appréciation souveraine des faits justifie l’application du régime simplifié. La décision illustre la marge d’appréciation du juge pour caractériser l’impossibilité manifeste de redressement. Sa valeur est forte car elle sécurise le recours à une procédure allégée pour les petites entreprises. La portée est pratique : le liquidateur bénéficie de délais réduits pour réaliser l’actif.

Le tribunal a autorisé la poursuite de l’activité jusqu’au 24 décembre 2025, soit une durée très brève. Cette mesure vise à permettre l’achèvement des opérations en cours dans l’intérêt collectif des créanciers. Le sens est de concilier la liquidation rapide avec la préservation de la valeur des biens. La valeur de cette autorisation est son caractère exceptionnel et strictement encadré dans le temps. Sa portée est limitée à la conservation du gage commun avant la cession des biens.

La procédure de liquidation judiciaire simplifiée est assortie de règles spécifiques de réalisation des actifs.

Le tribunal a rappelé que le liquidateur procède à la vente des biens mobiliers de gré à gré ou aux enchères publiques dans les quatre mois suivant le jugement. Il a précisé qu’à l’issue de ce délai, il est procédé à la vente aux enchères publiques des biens subsistants. Cette disposition légale vise à accélérer la liquidation tout en laissant une souplesse initiale. Le sens est d’éviter une immobilisation prolongée des actifs. La valeur de cette règle est sa rigidité temporelle, qui garantit une célérité. Sa portée pratique est d’imposer un calendrier serré au liquidateur.

Le jugement fixe également un délai d’un an pour examiner la clôture de la procédure simplifiée. Cette échéance contraint le liquidateur à agir avec diligence pour solder le passif et distribuer le produit des ventes. Le sens de cette fixation est d’éviter l’enlisement des procédures de liquidation. La valeur de ce terme est son caractère impératif pour le juge-commissaire. Sa portée est de responsabiliser l’ensemble des acteurs de la procédure dans le respect des délais légaux.

Source : Cour de cassation – Base Open Data « Judilibre » & « Légifrance ».