Cabinet Kohen Avocats · Paris

Maître Reda KOHEN intervient en droit immobilier, droit des sociétés et droit des affaires à Paris. Première analyse offerte, réponse personnelle sous 24 heures.

100 % confidentiel · Secret professionnel · Sans engagement

Barreau de Paris Immobilier, sociétés, affaires Fiche CNB avocat.fr
Maître Reda KOHEN, avocat au Barreau de Paris
Maître Reda KOHEN
Avocat au Barreau de Paris

Tribunal de commerce de Soissons, le 18 décembre 2025, n°2025001626

Le tribunal de commerce de Soissons, dans un jugement contradictoire rendu le 18 décembre 2025, a statué sur l’opposition formée par une société locataire à une ordonnance d’injonction de payer. La société bailleresse réclamait le paiement de factures de réparations et de loyers impayés, ainsi que la restitution du matériel loué. La question de droit portait sur la charge de la preuve des conditions contractuelles de facturation des réparations et sur l’établissement du montant des loyers dus. Le tribunal a partiellement accueilli les demandes de la bailleresse.

I. La preuve des réparations facturées au locataire

Le tribunal a validé le principe de la facturation des réparations imputables au locataire. Il a estimé que le tampon commercial apposé sur les rapports d’intervention constituait une reconnaissance suffisante de la réalité des prestations. Le juge a ainsi écarté l’absence de signature manuscrite comme motif de contestation.

Sens : la décision consacre la valeur probatoire du tampon commercial en l’absence de contestation contemporaine. Elle affirme que “le tampon commercial ne possède pas, en lui-même, de valeur juridique contraignante, il signale toutefois en étant apposé sur un document une forme de reconnaissance par l’entreprise des informations qui y sont mentionnées” (Discussion). Le tribunal privilégie une approche pragmatique fondée sur le comportement des parties.

Valeur : cette solution renforce la sécurité des échanges commerciaux en évitant des contestations tardives. Elle rappelle que le silence prolongé du débiteur, pendant plus de deux ans, vaut acceptation tacite des prestations facturées.

Portée : le jugement limite la portée de l’exigence d’une signature manuscrite prévue dans les contrats. Il impose au locataire de contester immédiatement les interventions qu’il estime non conformes à la clause F2.

II. Le défaut de preuve des loyers impayés

Le tribunal a rejeté la demande de paiement des loyers impayés faute de pièces comptables probantes. Il a estimé que le grand livre client produit par la bailleresse n’était pas suffisamment corrélé aux contrats de location. Le juge a relevé une contradiction entre les conclusions de la demanderesse et les pièces versées.

Sens : la décision rappelle le principe selon lequel la charge de la preuve incombe au créancier. Le tribunal exige une démonstration claire du lien entre les écritures comptables et les obligations contractuelles.

Valeur : cette solution protège le débiteur contre des demandes fondées sur des documents internes non vérifiables. Elle souligne l’importance de produire des pièces objectives comme des échéanciers ou des relevés de compte.

Portée : le jugement écarte la demande de loyers pour la période 2023-2025, privant la bailleresse d’une part importante de sa créance. Il conditionne l’octroi de ces sommes à une nouvelle action en justice mieux étayée.

Source : Cour de cassation – Base Open Data « Judilibre » & « Légifrance ».