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Maître Reda KOHEN, avocat au Barreau de Paris
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Tribunal de commerce de Sedan, le 18 décembre 2025, n°2025001780

Le tribunal de commerce de Sedan, dans un jugement réputé contradictoire rendu le 18 décembre 2025, a condamné le dirigeant d’une société à supporter l’insuffisance d’actif. Le liquidateur judiciaire assignait le président de la société en responsabilité pour insuffisance d’actif. Le défendeur, bien que régulièrement convoqué, n’a pas comparu. La question de droit portait sur les conditions d’engagement de la responsabilité pécuniaire du dirigeant. Le tribunal a fait droit à la demande en condamnant le dirigeant à payer 58 482 euros.

Les fautes de gestion retenues sont caractérisées par un abandon de l’entreprise.
Le tribunal affirme que « la faute de gestion du dirigeant se caractérise par toute faute, qu’elle soit volontaire, lourde, légère voire même très légère » (Attendu). Il constate que le dirigeant a fermé l’établissement sans respecter ses obligations. Il a notamment laissé les salariés livrés à eux-mêmes tout en laissant croître les charges. La valeur de cette décision est de rappeler le seuil très bas de la faute de gestion. Sa portée est d’étendre la responsabilité des dirigeants aux simples négligences.

Le lien de causalité entre la faute et l’insuffisance d’actif est expressément retenu.
Le jugement énonce que « ces fautes de gestion en lien direct avec l’accroissement de l’insuffisance d’actif de la société » (Attendu). Le passif est évalué à 244 379,30 euros et le préjudice imputé au dirigeant s’élève à 58 482 euros. Cette somme correspond aux salaires impayés et aux loyers commerciaux non réglés. La solution précise que la faute doit avoir contribué à l’insuffisance d’actif. Elle confirme que le dirigeant ne répond que de l’aggravation du passif qu’il a causée.

Le tribunal exerce son pouvoir souverain d’appréciation du montant de la condamnation.
Il condamne le dirigeant à payer l’intégralité du préjudice invoqué par le liquidateur, soit 58 482 euros. Il assortit cette somme des intérêts au taux légal à compter de l’assignation et ordonne l’exécution provisoire. Le jugement accorde également 8 000 euros au titre de l’article 700 du code de procédure civile. La valeur de cette décision est d’illustrer la sévérité du tribunal face à l’abandon de société. Sa portée est de dissuader les dirigeants de cesser leur activité sans procédure collective.

L’exécution provisoire est ordonnée eu égard à la gravité des faits commis.
Le tribunal motive cette mesure par la nature des agissements du dirigeant. La décision est rendue en premier ressort, laissant la possibilité d’un appel. Elle confirme l’office du juge dans l’appréciation discrétionnaire de l’exécution provisoire. La portée de cette solution est d’assurer l’efficacité immédiate de la condamnation. Elle marque la volonté de ne pas laisser le liquidateur sans recours effectif.

Source : Cour de cassation – Base Open Data « Judilibre » & « Légifrance ».