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Maître Reda KOHEN, avocat au Barreau de Paris
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Tribunal de commerce de Amiens, le 19 décembre 2025, n°2025F01734

Le tribunal de commerce d’Amiens, dans un jugement réputé contradictoire du 19 décembre 2025, a ouvert une procédure de redressement judiciaire à l’encontre d’une société d’installation électrique sur requête du ministère public. La société débitrice, non comparante, était convoquée pour être entendue sur les faits justifiant la demande du procureur. La question centrale portait sur l’état de cessation des paiements de l’entreprise et le choix de la procédure collective adaptée. La juridiction a répondu en ouvrant un redressement judiciaire, écartant la liquidation sollicitée à titre principal.

I. La caractérisation de la cessation des paiements par le tribunal

Le tribunal fonde sa décision sur l’impossibilité pour l’entreprise de faire face à son passif exigible. Il relève que cet état est établi par les éléments versés aux débats par le ministère public. La juridiction retient que la cessation des paiements est caractérisée tant par les pièces que par la situation objective de la société.

A. L’administration de la preuve par le ministère public

Le ministère public a produit un extrait K-bis, une fiche de synthèse et la mention de cessation d’activité. Il a également versé des courriers retournés comme destinataire inconnu selon le tableau SIE de la Somme. Ces éléments suffisent à établir l’état d’insolvabilité de la société débitrice non comparante.

B. La reconnaissance d’une impossibilité de payer le passif exigible

Le tribunal constate que l’entreprise se trouve dans l’impossibilité de faire face à son passif exigible avec son actif disponible. Il s’agit d’une appréciation souveraine des juges du fond sur la situation financière réelle. Cette constatation est le préalable nécessaire à l’ouverture de toute procédure collective.

II. Le choix du redressement judiciaire comme procédure adaptée

Le tribunal écarte la demande principale de liquidation judiciaire au profit d’un redressement judiciaire. Il estime qu’eu égard au chiffre d’affaires de l’entreprise, un plan éventuel reste envisageable. La période d’observation est fixée à dix-huit mois pour vérifier les capacités de financement.

A. L’appréciation de la perspective d’un plan de redressement

La juridiction ouvre le redressement judiciaire dans la perspective d’un plan éventuel de continuation ou de cession. Elle invite l’entreprise à comparaître en chambre du conseil pour vérifier ses capacités de financement. Cette approche traduit la faveur du législateur pour le sauvetage des entreprises viables.

B. Le sens et la portée des mesures conservatoires ordonnées

Le tribunal désigne un juge commissaire, un mandataire judiciaire et ordonne un inventaire immédiat des biens. Il fixe la date de cessation des paiements au 19 juin 2024 et impose une consignation mensuelle de 500 euros. Ces mesures assurent la protection des créanciers et la transparence de la procédure.

Source : Cour de cassation – Base Open Data « Judilibre » & « Légifrance ».