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Maître Reda KOHEN, avocat au Barreau de Paris
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Tribunal de commerce de Gap, le 19 décembre 2025, n°2025J00087

Le tribunal de commerce de Gap, dans un jugement du 19 décembre 2025, statue sur le recouvrement d’une créance contractuelle. Un artisan, emprunteur, a cessé ses remboursements après la conclusion d’un prêt professionnel. La banque prêteuse l’assigne en paiement après deux mises en demeure infructueuses. Le défendeur, bien que régulièrement cité, ne comparaît pas et n’est pas représenté à l’audience. La question centrale porte sur la recevabilité et le bien-fondé de l’action en paiement de la banque. Le tribunal déclare la demande recevable et condamne l’emprunteur défaillant au paiement des sommes dues.

La régularité de l’assignation délivrée en l’absence du défendeur est d’abord établie par le juge. Le tribunal constate que l’acte a été signifié par un commissaire de justice à son étude. Cette vérification procédurale préalable est essentielle pour garantir le respect du contradictoire. En l’espèce, le défaut de comparution ne paralyse pas l’action du demandeur.

La force obligatoire du contrat constitue le fondement principal de la condamnation prononcée. Le tribunal rappelle que « Les contrats légalement formés tiennent lieu de loi à ceux qui les ont faits » (article 1103 du code civil). La banque produit le contrat de prêt et les mises en demeure, dont la dernière acte la déchéance du terme. L’absence d’élément contradictoire permet au juge de se fonder sur ces seules pièces probantes.

La valeur de cette décision réside dans l’application classique du principe de l’effet obligatoire du contrat. Le tribunal exerce son office en vérifiant la conformité des sommes réclamées avec l’acte signé. Il ne s’agit pas d’une simple automaticité de la dette, mais d’un contrôle de la preuve apportée par le créancier.

La portée de ce jugement est limitée à la condamnation d’un débiteur défaillant sur le fondement contractuel. Il illustre la rigueur procédurale imposée au créancier, qui doit justifier de la régularité de l’assignation et de l’existence de la créance. La décision rappelle également que la non-comparution du défendeur ne fait pas obstacle à une condamnation.

Le tribunal assortit sa décision de l’exécution provisoire de droit, accélérant ainsi le recouvrement pour la banque. L’équité commande en outre l’octroi d’une indemnité au titre des frais irrépétibles. Enfin, les dépens de l’instance sont mis à la charge de l’emprunteur qui succombe.

Source : Cour de cassation – Base Open Data « Judilibre » & « Légifrance ».