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Maître Reda KOHEN, avocat au Barreau de Paris
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Tribunal de commerce de Nîmes, le 19 décembre 2025, n°2025F01945

Le tribunal de commerce de Nîmes, dans un jugement du 19 décembre 2025, ouvre une procédure de redressement judiciaire à l’égard d’une société de vente de fleurs. La dirigeante de la société, comparaissant seule, avait déclaré l’état de cessation des paiements le 12 décembre 2025. La question de droit portait sur la réunion des conditions légales pour ouvrir un redressement judiciaire. Le tribunal a constaté l’état de cessation des paiements et ouvert la procédure en fixant la date au 1er septembre 2025.

La caractérisation de l’état de cessation des paiements.

Le tribunal fonde sa décision sur l’impossibilité pour le débiteur de faire face à son passif exigible. Il résulte des informations recueillies que le débiteur se trouve dans l’impossibilité de faire face au passif exigible de l’ordre de 131400Euros avec son actif disponible, qu’il est donc en état de cessation des paiements (Motifs). Cette constatation repose sur un constat objectif chiffré et non sur une simple déclaration.

La valeur de cette solution réside dans la confirmation du critère essentiel de l’état de cessation des paiements. Le tribunal s’appuie sur l’aveu même de la dirigeante et sur les pièces comptables soumises. La preuve de la cessation des paiements du déclarant ressort de son propre aveu et des documents soumis à l’appréciation du Tribunal (Motifs). Cette double démonstration renforce la sécurité juridique de la décision.

La portée de ce raisonnement est de rappeler que l’ouverture d’un redressement judiciaire exige une situation irrémédiablement compromise. Le juge ne se satisfait pas d’une simple demande et vérifie la réalité de l’insolvabilité. Cette approche garantit que seules les entreprises réellement en difficulté accèdent à la protection de la procédure.

Les perspectives de redressement et la fixation de la période d’observation.

Le tribunal ouvre une période d’observation de six mois afin de permettre l’élaboration d’un plan. La période des fêtes de fin d’année et l’arrivée du printemps est prévue avec une activité soutenue et un prévisionnel positif (Motifs). Le juge prend en compte les perspectives commerciales concrètes de l’entreprise pour justifier cette mesure.

La valeur de cette solution est de souligner le caractère non automatique du redressement judiciaire. Le tribunal ne se limite pas à constater les difficultés et examine les chances de rétablissement. Le plan de restructuration va démarrer avec une révision de l’offre qui va s’orienter vers l’évènementiel (Motifs). Cette orientation stratégique montre que la procédure est un outil de sauvetage.

La portée de ce jugement est de rappeler le rôle actif du juge dans la gestion de la période d’observation. Le tribunal convoque dès à présent la dirigeante pour faire le point sur la poursuite de la procédure. Cette convocation anticipée assure un contrôle judiciaire strict et dynamique de la situation de l’entreprise.

Source : Cour de cassation – Base Open Data « Judilibre » & « Légifrance ».