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Maître Reda KOHEN, avocat au Barreau de Paris
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Tribunal de commerce de Quimper, le 19 décembre 2025, n°2024003843

Le tribunal de commerce de Quimper, dans un jugement du 19 décembre 2025, était saisi d’un litige post-bail commercial. Le bailleur réclamait à son ancien locataire le remboursement des frais d’évacuation des biens laissés dans les lieux après la résiliation amiable du contrat. La question de droit portait sur l’obligation de restitution d’un local vide en l’absence de clause contractuelle expresse et d’état des lieux. Le tribunal a fait droit à la demande du bailleur, condamnant le preneur à payer la somme de 20.328,72 euros.

I. L’obligation de restitution implicite d’un local vide en fin de bail

Le tribunal a jugé que l’absence de clause expresse dans le bail ne dispensait pas le preneur de son obligation de restitution. Il a considéré que le locataire « ne peut être exonéré de ses obligations de respecter les exigences de restitution d’un bâtiment vide exigé tacitement en fin de bail » (Motifs, paragraphe 8). Cette solution consacre une obligation implicite essentielle inhérente à tout contrat de bail.

La valeur de cette décision est de rappeler que la remise des clés ne constitue pas une restitution complète des lieux. Le tribunal a souligné que la remise des clés à l’acquéreur le 17 mai, avant l’échéance du délai supplémentaire au 30 mai, n’a pas libéré le preneur de son devoir de vider les locaux. Cette obligation de délivrance d’un local vide est donc une obligation de résultat qui subsiste jusqu’à son exécution parfaite.

II. La charge de la preuve de l’inexécution et le caractère raisonnable de l’intervention du bailleur

Le tribunal a validé les éléments de preuve apportés par le bailleur, écartant les contestations du preneur. Il a notamment retenu « le procès-verbal de constat, versé aux débats, établi par un commissaire de justice » (Motifs, paragraphe 5), bien qu’établi unilatéralement, comme preuve de l’absence de vidage des lieux. Cette appréciation souveraine des juges du fond confère une force probante aux constats d’huissier, même non contradictoires.

Sur la portée de la décision, le juge a estimé que l’intervention du bailleur pour faire évacuer les lieux était justifiée et raisonnable. Il a constaté que la mise en demeure du 10 juin et l’exécution des travaux étaient concomitantes, rejetant l’argument du preneur selon lequel il aurait été informé trop tardivement. Le tribunal a ainsi condamné le locataire à supporter l’intégralité des frais d’évacuation, soit 20.328,72 euros, avec intérêts au taux légal à compter de la mise en demeure.

Source : Cour de cassation – Base Open Data « Judilibre » & « Légifrance ».