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Maître Reda KOHEN, avocat au Barreau de Paris
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Tribunal de commerce de Nîmes, le 19 décembre 2025, n°2025F01898

Le tribunal de commerce de Nîmes a rendu un jugement le 19 décembre 2025 ouvrant une liquidation judiciaire simplifiée. La société, représentée par son dirigeant, avait déclaré sa cessation des paiements le 8 décembre 2025 en sollicitant cette procédure. L’activité, dans la fabrication et réparation de motos, était arrêtée depuis 2020 sans aucun salarié ni chiffre d’affaires. La question de droit portait sur la réunion des conditions légales pour ouvrir une liquidation judiciaire simplifiée. Le tribunal a constaté l’état de cessation des paiements et ouvert la procédure simplifiée.

I. La constatation de l’état de cessation des paiements

Le tribunal fonde sa décision sur l’impossibilité pour la société de faire face à son passif exigible. Il résulte des informations recueillies que le débiteur se trouve dans l’impossibilité de faire face au passif exigible qui s’élèverait à la somme de 70000 Euros avec son actif disponible (Jugement, motifs). Cette constatation repose sur l’aveu du dirigeant et les pièces communiquées, établissant un passif de 70 000 euros sans actif disponible. La valeur de cet arrêt tient à la confirmation que l’aveu du débiteur suffit à prouver la cessation des paiements. La portée est de rappeler que le juge n’exige pas de preuve complexe lorsque l’état est manifeste.

Le tribunal précise que l’activité est totalement arrêtée depuis plusieurs années. L’activité est arrêtée depuis 2020, des problèmes personnels du dirigeant ayant entraîné la chute de l’activité (Jugement, motifs). Cette circonstance aggrave l’état d’insolvabilité et justifie l’absence de redressement possible. Le sens de cette mention est de démontrer l’absence de perspective de continuation de l’entreprise. La portée est d’écarter toute autre procédure collective que la liquidation judiciaire.

II. L’ouverture de la procédure de liquidation judiciaire simplifiée

Le tribunal applique les seuils légaux pour recourir à la procédure simplifiée. Au regard du chiffre d’affaires et du nombre de salariés qui n’excèdent pas les seuils fixés par les articles L641-2 et D641-10 du code de commerce, il échet d’ouvrir la procédure de liquidation judiciaire simplifiée (Jugement, motifs). Cette solution est conforme à la volonté du législateur de simplifier les procédures pour les petites entreprises. La valeur de cet arrêt est d’illustrer l’application automatique du régime simplifié lorsque les seuils sont dépassés. La portée est de garantir une gestion rapide et moins coûteuse de la liquidation.

Le jugement fixe la date de cessation des paiements au 19 juillet 2024 et désigne un liquidateur judiciaire. Il ordonne également la vente des biens dans les quatre mois et la clôture de la procédure au plus tard le 19 juin 2026. Le sens de ces mesures est d’assurer une exécution efficace et rapide de la liquidation. La portée est de protéger les créanciers en accélérant la réalisation de l’actif et la distribution des sommes.

Source : Cour de cassation – Base Open Data « Judilibre » & « Légifrance ».