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Maître Reda KOHEN, avocat au Barreau de Paris
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Tribunal de commerce de Montpellier, le 5 janvier 2026, n°2025016699

Le tribunal de commerce de Montpellier, dans un jugement du 5 janvier 2026, a prononcé la liquidation judiciaire d’une société en cessation des paiements. Le dirigeant avait sollicité lui-même l’ouverture de cette procédure auprès du greffe. Lors de l’audience en chambre du conseil, le tribunal a constaté l’impossibilité manifeste de tout redressement. La question centrale était de savoir si les conditions légales de la liquidation judiciaire étaient réunies. Le tribunal a répondu par l’affirmative en ouvrant la procédure.

I. La constatation de l’état de cessation des paiements

Le tribunal rappelle que la cessation des paiements résulte de l’impossibilité pour le débiteur de faire face à son passif exigible. Il précise que cette situation est caractérisée par l’absence d’actif disponible suffisant pour payer les dettes échues. Le juge vérifie ainsi un déséquilibre patent entre les ressources immédiates et les obligations financières. Cette analyse est le préalable indispensable à toute ouverture de liquidation judiciaire. La décision repose sur une appréciation concrète de la situation économique de l’entreprise débitrice.

Le sens de cette constatation est de fixer le point de départ de la procédure collective. Sa valeur est fondamentale car elle conditionne l’entier déroulement de la liquidation. La portée de cette vérification est d’éviter une ouverture abusive pour une simple difficulté passagère. Le tribunal s’assure ainsi que l’état d’insolvabilité est bien réel et irrémédiable. Cette approche protectrice garantit les intérêts des créanciers et la sécurité juridique.

II. L’impossibilité manifeste de tout redressement

Le tribunal applique l’article L 640-1 du Code de commerce en exigeant un redressement manifestement impossible. Il estime que cette condition est remplie au vu des éléments du dossier et des débats. Le juge ne se contente pas d’une simple présomption mais exige une certitude objective. Il écarte ainsi toute perspective de continuation de l’activité économique de la société. La décision met fin à toute tentative de sauvegarde ou de redressement judiciaire.

La valeur de ce constat est de justifier le prononcé immédiat de la liquidation sans phase préalable. Le sens est de souligner que toute mesure de redressement serait vouée à l’échec. La portée est de permettre la réalisation rapide des actifs et le désintéressement des créanciers. Le tribunal rappelle que la procédure doit aboutir à la clôture dans un délai d’un an. Cette célérité vise à limiter les frais et à préserver les droits de tous.

Source : Cour de cassation – Base Open Data « Judilibre » & « Légifrance ».