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Maître Reda KOHEN, avocat au Barreau de Paris
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Tribunal de commerce de Lille-Métropole, le 5 janvier 2026, n°2025031201

Le Tribunal de commerce de Lille-Métropole, dans un jugement du 5 janvier 2026, a prononcé la liquidation judiciaire simplifiée d’une société exploitant un commerce de détail alimentaire biologique. La procédure a été initiée par une déclaration de cessation des paiements effectuée le 18 décembre 2025, le débiteur sollicitant lui-même l’ouverture de cette procédure collective. Le passif exigible s’élevait à 5700 euros tandis que l’actif disponible était nul, établissant une insuffisance d’actif totale. La question de droit portait sur la réunion des conditions légales pour ouvrir une liquidation judiciaire simplifiée. Le tribunal a fait droit à la demande en constatant l’état de cessation des paiements irrémédiablement compromis.

I. La caractérisation de l’état de cessation des paiements et de la situation irrémédiablement compromise.

Le tribunal a constaté que l’entreprise se trouvait dans l’impossibilité de faire face à son passif exigible avec son actif disponible. Les motifs relèvent que “l’entreprise se trouve dans l’impossibilité de faire face à son passif exigible échu de 5700 euros avec son actif disponible de 0 euros”. Cette absence totale d’actif disponible justifie un état de cessation des paiements avéré au sens des articles L.640-1 du code de commerce. La poursuite d’activité n’étant pas envisageable, la situation irrémédiablement compromise est également établie.

Sur la fixation provisoire de la date de cessation des paiements, le tribunal a choisi le 31 juillet 2025, correspondant à des loyers impayés. Cette date, fixée provisoirement, pourra être contestée ultérieurement par les parties intéressées dans le cadre de la procédure. La valeur de cette décision réside dans la précision apportée à la détermination du moment où l’entreprise a cessé ses paiements. Sa portée est de permettre au liquidateur de reconstituer la période suspecte pour d’éventuelles actions en nullité.

II. L’ouverture de la liquidation judiciaire simplifiée et ses conséquences procédurales.

Le tribunal a prononcé la liquidation judiciaire simplifiée en raison de l’absence de bien immobilier et du respect des seuils réglementaires. Les motifs indiquent que “l’actif du débiteur ne comprend pas de bien immobilier” et que les seuils fixés par décret sont atteints. Cette forme simplifiée allège les formalités et accélère le traitement de la procédure pour les petites entreprises. Le tribunal a nommé un juge-commissaire et désigné un liquidateur judiciaire pour réaliser les actifs.

Sur les mesures de publicité et l’exécution provisoire, le jugement ordonne l’emploi des dépens en frais privilégiés de liquidation. Il prévoit également un appel de l’affaire dans six mois pour envisager la clôture de la procédure. La valeur de cette décision est d’assurer une diffusion rapide de l’information aux créanciers et aux tiers. Sa portée est de permettre la réalisation immédiate des actifs sans attendre l’expiration des délais de recours.

Source : Cour de cassation – Base Open Data « Judilibre » & « Légifrance ».