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Maître Reda KOHEN, avocat au Barreau de Paris
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Tribunal de commerce de commerce de Lille Métropole, le 5 janvier 2026, n°2025031691

Le jugement du Tribunal de commerce de Lille-Métropole du 5 janvier 2026 prononce la liquidation judiciaire d’une société à responsabilité limitée sur sa propre déclaration de cessation des paiements. La société débitrice, confrontée à un passif exigible de 75287 euros pour un actif disponible de 52000 euros, a sollicité l’ouverture de cette procédure. Le tribunal, après avoir convoqué le représentant légal et le représentant des salariés, constate l’absence de possibilité de redressement. La question de droit centrale porte sur les conditions de prononcé de la liquidation judiciaire directe sans phase d’observation. Le tribunal fait droit à la demande en ouvrant la procédure et en fixant la date de cessation des paiements au 29 décembre 2025.

L’état de cessation des paiements et l’absence de perspective de redressement.

Le tribunal retient que la société se trouve dans l’impossibilité manifeste de faire face à son passif exigible avec son actif disponible. Le jugement relève “qu’il résulte des informations recueillies par le Tribunal et des pièces produites que l’entreprise se trouve dans l’impossibilité de faire face à son passif exigible échu de 75287 euros avec son actif disponible de 52000 euros” (Attendu). Cette constatation objective établit le caractère irrémédiablement compromis de la situation économique. La valeur de cette décision réside dans la vérification rigoureuse des éléments chiffrés par le juge. La portée est d’exiger une preuve comptable précise pour caractériser la cessation des paiements.

Le tribunal écarte toute possibilité de plan de redressement en raison de l’aveu même du dirigeant. Le jugement précise “qu’il n’existe aucune possibilité de présenter un plan de redressement avec apurement du passif” (Sur ce). Il ajoute que l’exploitation est déficitaire et non susceptible de restructuration ou de cession. La valeur de ce motif est de subordonner la liquidation directe à l’impossibilité avérée de toute solution alternative. La portée est de rappeler que la liquidation judiciaire sans période d’observation suppose une situation définitivement compromise.

Les mesures accessoires et les effets de la liquidation judiciaire.

Le tribunal autorise une poursuite limitée de l’activité jusqu’au 31 janvier 2026 dans le cadre de la liquidation. Cette mesure permet d’achever les opérations en cours sans compromettre les intérêts des créanciers. La valeur de cette faculté est d’offrir une souplesse au liquidateur pour maximiser la valeur des actifs. La portée est de confirmer que la poursuite d’activité reste exceptionnelle et strictement encadrée dans le temps.

La désignation des organes de la procédure assure la mise en œuvre effective de la liquidation. Le tribunal nomme un juge-commissaire, un liquidateur et un commissaire de justice pour dresser l’inventaire des actifs. Le jugement ordonne que “l’inventaire soit déposé au Greffe par le Commissaire de Justice dans le délai d’un mois à compter de la date du présent jugement” (Par ces motifs). La valeur de ces nominations est de garantir la transparence et la célérité des opérations. La portée est de rappeler le rôle central du liquidateur dans la réalisation des actifs et l’apurement du passif.

Source : Cour de cassation – Base Open Data « Judilibre » & « Légifrance ».