Le Tribunal de commerce de Rennes, dans un jugement réputé contradictoire du 7 janvier 2026, a ouvert une procédure de liquidation judiciaire simplifiée à l’encontre d’une société commerciale. Le débiteur, ayant déposé une déclaration de cessation des paiements le 11 décembre 2025, n’a pas comparu en chambre du conseil. La question de droit portait sur la réunion des conditions légales pour prononcer une liquidation judiciaire simplifiée. Le tribunal a répondu par l’affirmative en ouvrant cette procédure simplifiée.
I. L’ouverture de la liquidation judiciaire simplifiée pour cessation des paiements manifestement irrémédiable.
Le tribunal constate d’abord l’état de cessation des paiements du débiteur, condition essentielle à toute procédure collective. Il relève ensuite que “tout redressement est manifestement impossible” (Attendu). Cette impossibilité caractérise l’absence de perspective de continuation de l’activité économique.
En application de l’article L. 640-1 du Code de commerce, la liquidation judiciaire est alors justifiée. Le juge commercial a vérifié la compétence du tribunal et la qualité de commerçant du débiteur. La solution est conforme à la lettre de la loi qui exige ces deux conditions cumulatives.
La valeur de ce constat est impérative : le tribunal ne dispose d’aucun pouvoir d’appréciation alternatif. La portée de cette décision est l’exclusion immédiate de tout plan de redressement pour ce débiteur.
II. Le déclenchement de la procédure simplifiée en raison des seuils légaux et de l’absence d’actif immobilier.
Le tribunal motive le choix de la procédure simplifiée par des critères objectifs. Il constate que “l’actif du débiteur ne contient aucun bien immobilier” et que les seuils de salariés et de chiffre d’affaires sont “égaux ou inférieurs aux seuils fixés par décret” (Attendu). Ces éléments correspondent aux articles L. 641-2 et D. 641-10 du Code de commerce.
Le sens de cette qualification est d’accélérer et de simplifier les opérations de liquidation. La valeur de cette disposition est d’éviter des formalités lourdes pour les petites entreprises sans patrimoine immobilier. La portée pratique est immédiate : le liquidateur devra vendre les biens meubles dans les quatre mois, conformément à l’article L. 644-2.
La fixation provisoire de la date de cessation des paiements au 12 juillet 2025 permet de déterminer la période suspecte. Le tribunal désigne un juge commissaire et un liquidateur pour assurer le suivi de la procédure. Le délai de six mois pour examiner la clôture de la liquidation simplifiée est fixé conformément à l’article L. 644-5 du Code de commerce.