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Maître Reda KOHEN, avocat au Barreau de Paris
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Tribunal de commerce de Grenoble, le 7 janvier 2026, n°2025F02660

Le tribunal de commerce de Grenoble, par un jugement contradictoire du 7 janvier 2026, a été saisi par une société commerciale d’une déclaration de cessation des paiements. Cette société, active dans le négoce de vins et spiritueux, a exposé sa situation financière devant la chambre du conseil. La question de droit portait sur l’ouverture de la procédure collective adaptée à sa situation d’insolvabilité. Le tribunal a prononcé la liquidation judiciaire simplifiée en constatant l’état de cessation des paiements et l’impossibilité manifeste d’un redressement.

L’appréciation de la cessation des paiements et le choix de la procédure simplifiée.

Le tribunal constate d’abord la situation objective d’insolvabilité du débiteur. Il relève que “l’entreprise se trouve en situation de cessation des paiements par son impossibilité de faire face à son passif exigible avec son actif disponible” (Attendu). Cette appréciation repose sur les déclarations du dirigeant et les informations recueillies en chambre du conseil. La décision confirme la conception classique de la cessation des paiements, fondée sur le déséquilibre entre l’actif disponible et le passif exigible. Sa valeur est celle d’une application stricte des critères légaux de l’article L.640-1 du code de commerce. En portée, ce constat ouvre automatiquement la voie à une procédure collective sans débat contradictoire approfondi.

Le tribunal motive ensuite le choix de la liquidation judiciaire simplifiée par l’absence de redressement possible. Il précise que “tout redressement de son entreprise s’avérant impossible” (Attendu) et que la société ne remplit pas les seuils d’effectifs et de chiffre d’affaires. Cette décision repose sur les articles L.640-1, L.641-2 et D.641-10 du code de commerce. La valeur de ce choix est d’assurer une procédure plus rapide et moins coûteuse pour les petites entreprises. En portée, le tribunal adapte la procédure à la taille modeste du débiteur, conformément à la finalité du livre VI.

Les mesures d’organisation et les effets de la procédure ouverte.

Le tribunal fixe la date de cessation des paiements au 5 décembre 2025 et désigne un juge-commissaire ainsi qu’un liquidateur judiciaire. Il missionne également un commissaire de justice pour réaliser l’inventaire du patrimoine conformément à l’article L.622-6. Cette organisation assure le déroulement régulier de la liquidation en confiant des rôles précis aux auxiliaires de justice. La valeur de ces nominations est de garantir la transparence et la célérité des opérations. En portée, le tribunal encadre strictement les missions pour éviter tout retard préjudiciable aux créanciers.

Le jugement fixe un délai de sept mois pour l’établissement de la liste des créances et prévoit un examen de clôture dans les douze mois. Il invite également les salariés à élire un représentant dans les dix jours suivant la décision. Ces dispositions respectent les impératifs de célérité et de protection des droits des parties. La valeur de ces délais est d’assurer un traitement rapide des créances et une clôture prévisible de la procédure. En portée, ce jugement illustre l’application concrète des articles L.624-1 et L.644-5 du code de commerce pour les petites entreprises en difficulté.

Source : Cour de cassation – Base Open Data « Judilibre » & « Légifrance ».