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Maître Reda KOHEN, avocat au Barreau de Paris
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Tribunal de commerce de Béziers, le 7 janvier 2026, n°2025007843

Le tribunal de commerce de Béziers, par un jugement du 7 janvier 2026, a ouvert une procédure de liquidation judiciaire simplifiée à l’encontre d’une société de vente de produits de la mer. La société débitrice avait déposé une déclaration de cessation des paiements le 1er décembre 2025, invoquant un passif de 103 776 euros et l’absence d’actif. La question de droit portait sur la possibilité d’un redressement judiciaire ou l’ouverture d’une liquidation. Le tribunal a constaté l’impossibilité manifeste de redressement et prononcé la liquidation simplifiée.

I. L’impossibilité manifeste de redressement comme fondement de la liquidation

A. La caractérisation de l’état de cessation des paiements

Le tribunal constate que la société ne peut faire face à son passif exigible avec son actif disponible, condition essentielle de la cessation des paiements. Il relève que l’entreprise a cessé toute activité et ne dispose d’aucun actif mobilier ou immobilier, ce qui rend son passif irrémédiablement exigible. La société a elle-même reconnu son impossibilité de continuer l’exploitation et de présenter un plan de redressement crédible. Cette situation factuelle suffit à caractériser l’état de cessation des paiements au sens de l’article L631-1 du code de commerce. Le jugement fait ainsi une application classique de la notion de passif exigible supérieur à l’actif disponible.

B. L’absence de perspective de redressement justifiant la liquidation

Le tribunal affirme qu’il apparaît que le redressement est manifestement impossible, en raison de l’absence d’activité et de la carence comptable de la société. Il précise que l’étude de la situation économique et sociale a révélé que la société s’abstenait de publier ses comptes sociaux. Cette absence de visibilité sur l’activité passée et présente interdit toute perspective sérieuse de continuation ou de cession. Le jugement écarte ainsi toute possibilité de plan de redressement, conformément à l’article L631-1 du code de commerce. La solution est classique mais sévère pour une société sans actif ni comptabilité.

II. Les modalités de la liquidation judiciaire simplifiée et ses effets

A. L’application de la procédure simplifiée

Le tribunal fait application de la procédure de liquidation judiciaire simplifiée, conformément aux articles L641-2 et R641-10 du code de commerce. Il justifie ce choix par la situation de la société, qui n’emploie aucun salarié et ne possède pas d’actif immobilier. Le jugement fixe provisoirement la date de cessation des paiements au 7 juillet 2024, soit dans la limite des dix-huit mois prévus par l’article L631-8. Il désigne un liquidateur et un commissaire de justice pour inventorier et vendre les actifs mobiliers. La procédure simplifiée permet une gestion allégée et rapide de la liquidation.

B. La portée des mesures conservatoires et la clôture anticipée

Le tribunal ordonne la fermeture immédiate du fonds de commerce et rappelle l’exécution provisoire de droit en matière collective. Il impose aux dirigeants de communiquer tout changement d’adresse pour les besoins de la procédure, sous peine de difficultés de notification. La clôture de la procédure devra être examinée dans un délai de six mois, conformément à l’article L644-5 du code de commerce. Cette mesure vise à éviter un allongement inutile de la procédure pour une société sans actif ni activité. Le jugement illustre la rigueur procédurale applicable aux petites entreprises en difficulté.

Source : Cour de cassation – Base Open Data « Judilibre » & « Légifrance ».