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Maître Reda KOHEN, avocat au Barreau de Paris
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Tribunal de commerce de Saint-Étienne, le 7 janvier 2026, n°2025F01627

Le tribunal de commerce de Saint-Étienne, dans un jugement du 7 janvier 2026, a ordonné la poursuite de la période d’observation d’une société holding en redressement judiciaire. La procédure avait été ouverte le 5 novembre 2025 afin d’établir un bilan économique et social. L’administrateur et le mandataire judiciaires ont souligné l’absence de comptabilité certifiée et une montagne d’incertitudes sur les actifs et le passif. Le ministère public a requis la nomination d’un expert comptable judiciaire face à une gestion qualifiée de calamiteuse. La question de droit portait sur la capacité de l’entreprise à poursuivre son activité et à clarifier sa situation financière. Le tribunal a décidé de maintenir la période d’observation et de nommer un expert comptable judiciaire pour assister les organes de la procédure.

I. Une prorogation conditionnée par la nécessité d’éclaircir la situation

Le tribunal justifie la poursuite de la période d’observation par l’opacité persistante de la situation du groupe. Il relève que les premiers éléments ne permettent pas de voir clair sur le fonctionnement du groupe, sa situation économique et patrimoniale. Cette décision vise à donner aux organes de la procédure le temps nécessaire pour dissiper les incertitudes. Elle traduit la volonté du juge de privilégier une issue favorable au redressement plutôt qu’une liquidation précipitée. La valeur de cette solution est de préserver les chances de l’entreprise tout en encadrant strictement la période d’observation. Sa portée est de rappeler que le tribunal peut ordonner des mesures d’instruction pour éclairer une situation confuse.

II. Une mesure d’expertise pour garantir la sincérité des comptes et l’intérêt social

Le tribunal nomme un expert comptable judiciaire avec une mission précise et limitée. Celui-ci devra s’assurer que la comptabilité produite par le débiteur est régulière, sincère, et donne une image fidèle de la situation financière et du patrimoine de l’entreprise. Il devra également vérifier que les flux internes et externes sont conformes à l’intérêt social. Cette nomination répond à la demande du ministère public et aux doutes exprimés par les organes de la procédure. La valeur de cette mesure est de rétablir la confiance dans les informations comptables et de prévenir d’éventuels abus. Sa portée est d’affirmer que l’expertise judiciaire est un outil adapté pour sécuriser une période d’observation et préparer l’avenir de la procédure collective.

Source : Cour de cassation – Base Open Data « Judilibre » & « Légifrance ».