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Maître Reda KOHEN, avocat au Barreau de Paris
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Tribunal de commerce de Marseille, le 8 janvier 2026, n°2025P02182

Le Tribunal des Activités Économiques de Marseille, dans un jugement réputé contradictoire rendu le 8 janvier 2026, a ouvert une procédure de redressement judiciaire contre une société défaillante. Un organisme de recouvrement avait assigné la débitrice, détenant une créance d’environ 54 258 euros, après des tentatives d’exécution infructueuses. La question de droit portait sur la réunion des conditions légales pour prononcer l’ouverture d’une procédure collective. Le tribunal a constaté l’état de cessation des paiements et ouvert un redressement judiciaire.

L’état de cessation des paiements est caractérisé par l’impossibilité de faire face au passif exigible.

Le tribunal relève que la société débitrice, bien que régulièrement convoquée, n’a pas comparu et n’a fourni aucun document comptable. Il résulte des pièces produites que le passif exigible, constitué par les contraintes de l’organisme créancier, n’est pas couvert par l’actif disponible. Ainsi, le tribunal constate que la débitrice est dans l’impossibilité de faire face à son passif exigible avec son actif disponible et se trouve manifestement en état de cessation des paiements (Sur quoi, second attendu). Ce constat emporte le prononcé de la procédure collective, conformément aux articles L. 631-1 et suivants du Code de commerce.

La valeur de cette décision réside dans l’application de la règle de l’absence de contestation sérieuse.

En l’absence de la partie défaillante, le tribunal se fonde sur les seules pièces fournies par le demandeur pour caractériser la cessation des paiements. Cette solution illustre la force probatoire des contraintes non exécutées et le silence du débiteur, qui équivaut à une absence de contestation de sa situation. La portée de ce jugement est d’ouvrir une période d’observation de six mois, durant laquelle le débiteur devra démontrer sa capacité à financer son activité.

Les mesures d’organisation de la procédure visent à assurer la transparence et le contrôle de la situation du débiteur.

Le tribunal désigne un mandataire judiciaire et un commissaire de justice pour réaliser l’inventaire du patrimoine de la société. Il impose au débiteur de remettre la liste de ses créanciers et de ses contrats en cours dans un délai de huit jours. Ces mesures, prévues aux articles L. 622-6 et R. 622-24 du Code de commerce, garantissent la sincérité des informations nécessaires à la poursuite de la procédure.

La valeur de ces dispositions est de permettre un suivi rigoureux de la période d’observation.

Le tribunal fixe une audience de contrôle rapprochée, au 19 février 2026, pour vérifier les capacités financières de la société. Il prévient que l’absence de justifications pourra entraîner d’office la conversion en liquidation judiciaire (Par ces motifs, avant-dernier attendu). La portée de ce jugement est double : il offre une chance de redressement tout en maintenant une menace de liquidation immédiate en cas de carence, protégeant ainsi les intérêts des créanciers.

Source : Cour de cassation – Base Open Data « Judilibre » & « Légifrance ».