Cabinet Kohen Avocats · Paris

Maître Reda KOHEN intervient en droit immobilier, droit des sociétés et droit des affaires à Paris. Première analyse offerte, réponse personnelle sous 24 heures.

100 % confidentiel · Secret professionnel · Sans engagement

Barreau de Paris Immobilier, sociétés, affaires Fiche CNB avocat.fr
Maître Reda KOHEN, avocat au Barreau de Paris
Maître Reda KOHEN
Avocat au Barreau de Paris

Tribunal de commerce de Bordeaux, le 8 janvier 2026, n°2025F01168

Le tribunal de commerce de Bordeaux a rendu un jugement réputé contradictoire le 8 janvier 2026. Un contrat de location financière de matériel a été signé le 6 mai 2024 entre une société de financement et une société locataire. Après des impayés de loyers, la bailleresse a saisi le tribunal pour obtenir la résiliation du contrat et le paiement de diverses sommes. La question de droit portait sur la qualification de la clause d’indemnité de résiliation anticipée et sur le pouvoir modérateur du juge. Le tribunal a requalifié cette clause en clause pénale et en a réduit le montant.

La qualification de l’indemnité de résiliation anticipée comme clause pénale permet son contrôle judiciaire. Le tribunal a jugé que la clause prévoyant le paiement des loyers à échoir présentait un caractère comminatoire. Il a estimé qu’elle avait pour objet de contraindre le locataire à exécuter le contrat jusqu’à son terme. En conséquence, il a décidé que cette clause constituait une clause pénale et non une clause de dédit. Cette qualification est déterminante car elle ouvre la voie à une réduction par le juge.

Le tribunal a exercé son pouvoir modérateur en réduisant le montant de la clause pénale à cinq pour cent. Il a considéré que l’indemnité prévue était manifestement excessive au regard du préjudice réel subi par la bailleresse. Cette réduction ne concerne que les loyers échus impayés et non les loyers à échoir. Le tribunal a appliqué l’article 1231-5 du code civil qui permet au juge de modérer une pénalité excessive. Cette solution illustre la volonté du juge de proportionner la sanction à la gravité du manquement.

La portée de cette décision réside dans le rappel du pouvoir souverain du juge en matière contractuelle. Le tribunal réaffirme sa capacité à requalifier une clause et à en réduire les effets pour éviter un enrichissement injustifié. Il impose également une exigence de preuve rigoureuse pour les demandes annexes comme les frais de recouvrement. Enfin, il valide la force probante de la signature électronique dès lors que le processus est attesté par un prestataire comme DocuSign. Le jugement offre ainsi une protection équilibrée entre les intérêts du créancier et ceux du débiteur défaillant.

Source : Cour de cassation – Base Open Data « Judilibre » & « Légifrance ».