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Maître Reda KOHEN, avocat au Barreau de Paris
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Tribunal de commerce de Vesoul, le 8 janvier 2026, n°2025003202

Le Tribunal de commerce de Vesoul, par un jugement du 8 janvier 2026, a prononcé la conversion d’un redressement judiciaire en liquidation judiciaire. Une procédure de redressement avait été ouverte le 21 novembre 2025 à l’encontre d’un exploitant individuel d’un fonds de tabac et presse. Le mandataire judiciaire, n’ayant pu rencontrer le débiteur et constatant un passif déclaré important, a sollicité cette conversion. Le ministère public a requis la même mesure. Le tribunal a fait droit à cette demande sur le fondement des articles L 631-15 et L 640-1 du code de commerce. La question de droit portait sur la réunion des conditions légales autorisant la conversion du redressement en liquidation judiciaire.

La cessation des paiements comme condition de la conversion en liquidation judiciaire

Le tribunal a estimé que les éléments communiqués par le mandataire justifiaient la conversion en liquidation judiciaire. Il a relevé l’impossibilité de rencontrer le débiteur et l’importance du passif déclaré. La solution se fonde sur l’article L 640-1 du code de commerce, qui exige la cessation des paiements. En l’espèce, l’absence de coopération du débiteur et le passif non couvert établissent cette situation irrémédiable. Le juge a ainsi appliqué strictement le critère de l’insolvabilité manifeste.

La valeur de ce jugement réside dans son rappel du pouvoir souverain du tribunal pour évaluer la cessation des paiements. Il montre que l’absence de renseignements sur la situation du débiteur suffit à caractériser l’état d’insolvabilité. La portée est pratique : les mandataires peuvent solliciter la conversion dès lors que le débiteur ne collabore pas.

Le rôle du mandataire judiciaire et la procédure de conversion accélérée

Le tribunal a suivi la demande du mandataire judiciaire, qui indiquait n’avoir pu rencontrer la débitrice. La décision a été rendue sans attendre le terme de la période d’observation initiale. L’article L 631-15 permet en effet une conversion à tout moment si les conditions de l’article L 640-1 sont réunies. La solution souligne la célérité nécessaire face à une situation compromise.

La valeur de cette approche est d’éviter une prolongation inutile de la période d’observation. Elle protège les créanciers en accélérant la réalisation des actifs. La portée est procédurale : le tribunal privilégie l’efficacité sur le formalisme, en se fondant sur le rapport du mandataire comme seul élément probant.

Source : Cour de cassation – Base Open Data « Judilibre » & « Légifrance ».