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Maître Reda KOHEN, avocat au Barreau de Paris
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Tribunal de commerce de Valenciennes, le 12 janvier 2026, n°2026000115

Le tribunal de commerce de Valenciennes, par un jugement du 12 janvier 2026, a ouvert une procédure de liquidation judiciaire simplifiée. Une société exploitant un bar et une brasserie avait déposé une déclaration de cessation des paiements le 8 janvier 2026. En chambre du conseil, son représentant légal a reconnu l’absence d’activité depuis quinze jours et l’impossibilité de redressement. La question de droit portait sur la réunion des conditions légales pour prononcer cette liquidation simplifiée. Le tribunal a fait droit à la demande en constatant l’état de cessation des paiements et l’absence de toute perspective de redressement.

La première condition tient à l’état de cessation des paiements et à la situation irrémédiablement compromise du débiteur. Le tribunal constate que la société est dans « l’impossibilité de faire face à son passif exigible de 14 122 euros avec son actif disponible de 0 euros » (Attendu). Cette absence totale d’actif disponible caractérise un déséquilibre financier patent et immédiat. La portée de cette constatation est de fonder l’ouverture de la liquidation judiciaire sans phase d’observation préalable. Le juge retient aussi l’aveu du dirigeant sur l’absence d’activité depuis quinze jours, ce qui écarte toute possibilité de continuation. La valeur de ce critère est d’éviter le maintien artificiel d’une entreprise sans avenir économique.

La seconde condition concerne l’impossibilité de tout plan de redressement ou de cession, justifiant le recours à la procédure simplifiée. Le tribunal relève qu’ »il n’existe aucune possibilité de présenter un plan de redressement avec apurement du passif » et que « l’élaboration d’un plan de cession, tel que prévu par la loi, est impossible » (Attendu). Ces motifs excluent toute solution alternative à la liquidation. La portée de cette décision est d’activer le régime spécial de l’article L.641-2 du code de commerce, caractérisé par des délais réduits. Le sens de ces dispositions est d’accélérer le traitement des petites entreprises sans actif immobilier ni salarié. La valeur de cette solution est de protéger les créanciers en évitant des frais de procédure disproportionnés.

Source : Cour de cassation – Base Open Data « Judilibre » & « Légifrance ».