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Maître Reda KOHEN, avocat au Barreau de Paris
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Tribunal de commerce de Montpellier, le 12 janvier 2026, n°2025017199

Le Tribunal de commerce de Montpellier, par un jugement du 12 janvier 2026, a prononcé la liquidation judiciaire simplifiée d’une société à responsabilité limitée. Le débiteur avait lui-même sollicité l’ouverture de cette procédure en raison de ses difficultés financières. La question de droit portait sur la réunion des conditions légales pour ouvrir une liquidation judiciaire simplifiée. Le tribunal a fait droit à la demande en constatant la cessation des paiements et l’impossibilité manifeste d’un redressement.

I. Les conditions d’ouverture de la liquidation judiciaire.

Le tribunal a d’abord vérifié l’état de cessation des paiements du débiteur. Il a relevé que le débiteur se trouvait dans l’impossibilité de faire face à son passif exigible avec son actif disponible. Cette constatation résulte directement de l’examen des débats et des pièces du dossier.

Ensuite, le juge a appliqué les textes régissant la liquidation judiciaire. Il a cité l’article L 640-1 du code de commerce, qui exige à la fois la cessation des paiements et l’impossibilité manifeste de redressement. Le tribunal a estimé que ces deux conditions étaient remplies en l’espèce.

La valeur de cette solution est de rappeler le caractère subsidiaire de la liquidation judiciaire. Elle n’est ouverte qu’en dernier recours, lorsque toute chance de redressement de l’entreprise est exclue. La portée de ce principe est de protéger les créanciers contre une poursuite artificielle d’activité.

II. L’application de la procédure simplifiée.

Le tribunal a ensuite examiné l’éligibilité du débiteur à la liquidation judiciaire simplifiée. Il a constaté que l’actif ne comprenait aucun bien immobilier et que l’effectif salarié était inférieur à cinq. Le chiffre d’affaires hors taxes était également inférieur au seuil de 750 000 euros.

Sur le fondement des articles L 641-2 et R 641-10 du code de commerce, le juge a prononcé la liquidation judiciaire simplifiée. Il a précisé que “le redressement est manifestement impossible” et que “tel est le cas en l’espèce” (Motifs). Cette citation confirme l’appréciation souveraine du tribunal.

La valeur de cette décision est de faciliter et d’accélérer le traitement des petites entreprises en difficulté. La portée est pratique : elle allège les contraintes procédurales et réduit les coûts pour les créanciers. Le jugement illustre ainsi l’application concrète des critères légaux de la simplification.

Source : Cour de cassation – Base Open Data « Judilibre » & « Légifrance ».