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Maître Reda KOHEN, avocat au Barreau de Paris
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Tribunal de commerce de Meaux, le 12 janvier 2026, n°2025016574

Le tribunal de commerce de Meaux, par un jugement réputé contradictoire du 12 janvier 2026, a ouvert une procédure de liquidation judiciaire simplifiée à l’encontre d’un entrepreneur individuel exerçant une activité de maçonnerie. Le ministère public avait saisi la juridiction le 13 novembre 2025 d’une requête aux fins d’ouverture d’un redressement judiciaire. Après une enquête préalable, le tribunal a constaté l’état de cessation des paiements sur le seul patrimoine professionnel du débiteur. La question centrale était de déterminer si les conditions légales de la liquidation judiciaire simplifiée étaient réunies. Le tribunal y a répondu par l’affirmative en ouvrant cette procédure et en fixant provisoirement la date de cessation des paiements au 12 juillet 2024.

L’ouverture d’une liquidation judiciaire sur le seul patrimoine professionnel.

Le tribunal a constaté l’existence d’une dette professionnelle née postérieurement au 15 mai 2022 sans aucun passif personnel identifiable. Il a ainsi fait application de l’article L.681-2 II du code de commerce pour limiter la procédure aux éléments du patrimoine professionnel. Le sens de cette décision est de protéger le patrimoine personnel de l’entrepreneur individuel contre les poursuites des créanciers professionnels. Cette solution confirme la volonté du législateur d’encourager l’entrepreneuriat en limitant le risque à l’activité professionnelle. La portée est majeure car elle consacre l’autonomie patrimoniale de l’entrepreneur individuel en procédure collective. Le juge vérifie rigoureusement l’absence de passif personnel avant d’ordonner cette dissociation patrimoniale.

Le recours à la procédure simplifiée de liquidation judiciaire.

Le tribunal a appliqué les critères de la liquidation judiciaire simplifiée en vertu de l’article L.641-2 du code de commerce. Il a relevé l’absence d’actif disponible pour faire face au passif exigible de 47 343,26 euros et l’impossibilité de poursuivre l’activité. Le sens de cette qualification simplifiée est d’accélérer et d’alléger la procédure pour les petites entreprises sans actif significatif. La valeur de cette décision réside dans l’appréciation souveraine du tribunal sur l’opportunité du régime simplifié. La portée est pratique car le liquidateur dispose de délais réduits pour établir son rapport et l’état du passif. Cette solution garantit une clôture rapide de la procédure dans un délai maximal de six mois.

Source : Cour de cassation – Base Open Data « Judilibre » & « Légifrance ».