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Maître Reda KOHEN, avocat au Barreau de Paris
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Tribunal de commerce de Cusset, le 13 janvier 2026, n°2025004056

Le Tribunal de commerce de Cusset, par un jugement du 13 janvier 2026, a ouvert une procédure de liquidation judiciaire à l’encontre d’une société de distribution alimentaire. La gérante, musicienne de formation, avait déclaré la cessation des paiements le 29 décembre 2025 après avoir découvert un passif fiscal et social préexistant. La question de droit portait sur la réunion des conditions légales pour prononcer la liquidation judiciaire. Le tribunal a constaté l’état de cessation des paiements et prononcé la liquidation en raison de l’impossibilité manifeste de redressement.

I. La constatation de l’état de cessation des paiements

Le tribunal constate que l’entreprise ne peut faire face au passif exigible avec son actif disponible. Cette situation résulte des dettes héritées de l’ancienne gestion et de l’absence de trésorerie suffisante. La gérante a reconnu que l’entreprise n’arrive plus à faire face à ses charges courantes.

La décision souligne le rôle central de la déclaration de cessation des paiements prévue aux articles R.631-1 et R.640-1 du code de commerce. En l’espèce, cette déclaration a été effectuée volontairement par la gérante, ce qui a permis au tribunal de constater rapidement l’état d’insolvabilité. La valeur de cette solution réside dans la protection des créanciers par une information précoce.

Le jugement fixe la date de cessation des paiements au 13 juillet 2024, soit la date maximale autorisée par les textes. Cette fixation a une portée pratique importante car elle détermine la période suspecte et les actions en nullité possibles. Elle permet également de remonter aux dettes antérieures à la déclaration.

II. L’ouverture de la liquidation judiciaire pour impossibilité de redressement

Le tribunal prononce la liquidation judiciaire après avoir constaté que le redressement est manifestement impossible. Cette impossibilité découle de l’absence d’actif significatif et de la fermeture du magasin depuis décembre 2025. La gérante a dû injecter des fonds personnels pour établir le bilan 2024.

La décision rappelle au chef d’entreprise son obligation de prendre toutes les mesures conservatoires appropriées afin de sécuriser l’ensemble des actifs. Cette mention a une valeur pédagogique et préventive pour éviter toute négligence dans la gestion des biens. Elle engage la responsabilité personnelle du dirigeant en cas de manquement.

Le jugement autorise une poursuite d’activité jusqu’au 13 avril 2026 pour les seuls besoins de la procédure. Cette mesure temporaire permet au liquidateur de réaliser l’inventaire et la prisée des biens dans des conditions optimales. Elle illustre la souplesse du droit des entreprises en difficulté pour préserver la valeur des actifs.

Source : Cour de cassation – Base Open Data « Judilibre » & « Légifrance ».