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Maître Reda KOHEN, avocat au Barreau de Paris
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Tribunal de commerce de Tours, le 13 janvier 2026, n°2026000191

Le tribunal de commerce de Tours, dans un jugement du 13 janvier 2026, a ouvert une procédure de sauvegarde au profit d’une société d’optique et lunetterie.
Cette société, confrontée à des difficultés qu’elle ne peut surmonter, a déposé une demande en ce sens le 8 janvier 2026.
La question de droit était de savoir si les conditions légales de la sauvegarde étaient réunies, notamment l’absence de cessation des paiements.
Le tribunal a répondu par l’affirmative, constatant l’absence de cessation des paiements et ouvrant une période d’observation de six mois.

I. L’ouverture de la sauvegarde subordonnée à une situation de difficultés prévisible

La décision illustre la fonction préventive de la sauvegarde, distincte du redressement judiciaire qui suppose une cessation des paiements.
Le tribunal retient que le débiteur « justifie des difficultés qu’il n’est pas en mesure de surmonter » et « démontre que ces difficultés sont de nature à le conduire à la cessation des paiements » (Sur ce, le tribunal).
Cette condition permet d’anticiper un état d’arrêt des paiements, sans qu’il soit encore réalisé, protégeant ainsi l’entreprise.
La valeur de ce critère est d’offrir une issue aux sociétés viables mais confrontées à des obstacles passagers.
Sa portée est de renforcer l’attractivité du droit des entreprises en difficulté en favorisant une intervention précoce.
L’absence de cessation des paiements est expressément constatée, ce qui constitue le fondement même de la procédure choisie.

II. Les objectifs de la sauvegarde et les mesures d’organisation de la période d’observation

Le tribunal rappelle que la procédure vise « à faciliter la réorganisation de l’entreprise, afin de permettre la poursuite de l’activité économique, le maintien de l’emploi et l’apurement du passif » (Sur ce, le tribunal).
Cette finalité économique et sociale justifie l’ouverture d’une période d’observation de six mois pour élaborer un plan de sauvegarde.
La valeur de cette disposition est d’offrir un cadre légal à la renégociation des dettes et à la restructuration.
Sa portée pratique est de suspendre les poursuites individuelles et de permettre au débiteur de proposer un plan.
Le tribunal désigne un mandataire judiciaire et fixe les délais pour l’inventaire et la déclaration des créances.
Il convoque également le dirigeant pour présenter oralement les grandes lignes du plan envisagé.

Source : Cour de cassation – Base Open Data « Judilibre » & « Légifrance ».