Cabinet Kohen Avocats · Paris

Maître Reda KOHEN intervient en droit immobilier, droit des sociétés et droit des affaires à Paris. Première analyse offerte, réponse personnelle sous 24 heures.

100 % confidentiel · Secret professionnel · Sans engagement

Barreau de Paris Immobilier, sociétés, affaires Fiche CNB avocat.fr
Maître Reda KOHEN, avocat au Barreau de Paris
Maître Reda KOHEN
Avocat au Barreau de Paris

Tribunal de commerce de Soissons, le 15 janvier 2026, n°2025003050

Le tribunal de commerce de Soissons, dans un jugement du 15 janvier 2026, a ouvert une liquidation judiciaire simplifiée à l’encontre d’une société commerciale. La société, débitrice, avait volontairement sollicité l’ouverture de cette procédure en raison de ses difficultés financières. Elle n’employait aucun salarié et réalisait un chiffre d’affaires modeste. La question de droit portait sur la réunion des conditions légales pour prononcer une liquidation judiciaire simplifiée. Le tribunal a fait droit à la demande en constatant l’état de cessation des paiements et l’impossibilité manifeste d’un redressement.

La caractérisation de la cessation des paiements et de ses effets

Le tribunal a d’abord vérifié la situation financière de la société pour établir la cessation des paiements. Il a constaté que la débitrice “n’est plus en mesure d’honorer ses paiements ce qui témoigne de son incapacité de faire face à son passif exigible avec son actif disponible” (Discussion). Cette appréciation repose sur un passif exigible de 28 949 euros contre un actif disponible de seulement 5 600 euros. La valeur de cette analyse est de rappeler que le juge doit procéder à une comparaison concrète entre l’actif disponible et le passif exigible. La portée de cette décision est de fixer la date de cessation des paiements au 30 juin 2025, point de départ des périodes suspectes.

Le tribunal a ensuite constaté l’impossibilité manifeste de tout redressement pour justifier la liquidation. Il a estimé qu’“il n’existe en effet aucune possibilité de présenter un plan de redressement avec apurement du passif” (Discussion). Cette affirmation écarte toute perspective de continuation ou de cession de l’entreprise. Le sens de cette constatation est d’ouvrir la voie à la seule procédure de liquidation. La portée de ce motif réside dans son caractère impératif pour le prononcé de la liquidation judiciaire.

L’application de la procédure simplifiée et ses conséquences procédurales

Le tribunal a appliqué les conditions de la liquidation judiciaire simplifiée, prévue pour les petites entreprises. Il a relevé que “les conditions prévues par les articles L. 641-2 et D. 641-10 du code de commerce sont réunies” (Discussion). Ces conditions tiennent à l’absence de bien immobilier, à un effectif inférieur à cinq salariés et à un chiffre d’affaires sous le seuil légal. La valeur de ce choix est d’accélérer et de simplifier la procédure pour les débiteurs de taille modeste. La portée est d’assurer une réalisation plus rapide et moins coûteuse du patrimoine.

Le tribunal a enfin fixé un délai de six mois pour examiner la clôture de la procédure. Il a précisé que “les seuils fixés par aux articles L. 644-5 et D. 641-10 du code de commerce n’étant pas atteints” (Discussion), le tribunal statuera dans ce délai. Le sens de cette fixation est d’imposer un calendrier strict au liquidateur pour achever ses opérations. La portée de cette mesure est d’éviter un enlisement de la procédure pour les très petites entreprises.

Source : Cour de cassation – Base Open Data « Judilibre » & « Légifrance ».