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Maître Reda KOHEN, avocat au Barreau de Paris
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Tribunal de commerce de Alençon, le 19 janvier 2026, n°2026000043

Le tribunal de commerce d’Alençon, par un jugement du 19 janvier 2026, a prononcé la liquidation judiciaire simplifiée d’une société exploitant un salon de thé ludique. La présidente de la société avait déposé une déclaration de cessation des paiements, invoquant une insuffisance d’actif et l’absence de toute perspective de redressement. La question de droit portait sur la réunion des conditions légales pour ouvrir une liquidation judiciaire simplifiée. Le tribunal a fait droit à la demande en constatant l’état de cessation des paiements et l’impossibilité manifeste de redressement.

I. La constatation de l’état de cessation des paiements et de l’impossibilité de redressement

Le tribunal a d’abord vérifié que la société se trouvait dans l’impossibilité de faire face à son passif exigible. Il a relevé que le passif déclaré s’élevait à 3 917 euros, tandis que l’actif disponible n’était que de 2 281,75 euros. En conséquence, il a jugé que « son redressement est manifestement impossible, les fonds disponibles sont insuffisants pour payer les charges » (Motifs). Cette appréciation souveraine des faits par le juge du fond consacre la rigueur de l’analyse comptable.

La valeur de cette décision est de rappeler que le constat de l’état de cessation des paiements est un préalable nécessaire à toute ouverture de procédure collective. La portée de ce contrôle est de garantir que seules les entreprises en situation irrémédiablement compromise accèdent à la liquidation judiciaire. En l’espèce, l’absence de salariés et de biens immobiliers a facilité ce diagnostic.

II. L’ouverture de la liquidation judiciaire simplifiée au regard des critères légaux

Le tribunal a ensuite appliqué la procédure simplifiée en vérifiant les trois conditions cumulatives de l’article L641-2 du code de commerce. Il a constaté que la société ne possédait aucun bien immobilier, que son chiffre d’affaires était de 40 081 euros et qu’elle n’employait aucun salarié. Ces éléments sont conformes aux seuils fixés par l’article D641-10 du même code.

La portée de ce choix procédural est d’accélérer le traitement des dossiers les plus simples, réduisant les coûts et les délais pour les créanciers. Le tribunal a ainsi renforcé l’efficacité de la justice commerciale en adaptant la procédure à la taille modeste de l’entreprise. La décision illustre la volonté du législateur de favoriser la liquidation simplifiée pour les petites structures dépourvues de complexité.

Source : Cour de cassation – Base Open Data « Judilibre » & « Légifrance ».