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Maître Reda KOHEN, avocat au Barreau de Paris
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Tribunal de commerce de Gap, le 21 janvier 2026, n°2025F00530

Le tribunal de commerce de Gap, dans un jugement du 21 janvier 2026, ouvre une liquidation judiciaire sur saisine du ministère public. Une société exerçant dans le négoce de viandes et de produits régionaux était non comparante et non représentée à l’audience. La question de droit portait sur la réunion des conditions de la cessation des paiements et l’absence de perspective de redressement. Le tribunal a constaté l’état de cessation des paiements et ouvert la liquidation judiciaire.

I. La constatation de l’état de cessation des paiements

Le tribunal se fonde sur des éléments objectifs pour caractériser l’état de cessation des paiements de la société débitrice. Il relève que « cette entreprise, qui semble-t-il n’a plus d’activité depuis plusieurs mois, est défaillante tant au niveau de ses déclarations que du règlement de ses créanciers » (Motifs). Cette analyse s’appuie sur des dettes fiscales, sociales et des incidents de paiement nombreux.

Le sens de cette décision est d’appliquer strictement l’article L. 631-1 du code de commerce. La valeur du jugement réside dans l’utilisation d’indices convergents pour établir l’impossibilité de faire face au passif exigible. La portée est d’affirmer que l’absence de comptes annuels et la non-comparution renforcent la présomption de cessation des paiements.

II. L’ouverture d’une liquidation judiciaire directe sans redressement

Le tribunal écarte toute possibilité de redressement en raison de l’absence d’activité et du comportement du dirigeant. Il note « le caractère particulièrement irresponsable de son dirigeant » et son interdiction de gérer définitive (Motifs). Ces circonstances rendent impossible tout plan de redressement viable pour l’entreprise.

Le sens de cette solution est d’ouvrir la procédure la plus adaptée à une situation irrémédiablement compromise. Sa valeur est de privilégier la protection des créanciers et l’apurement rapide du passif. La portée de l’arrêt est de confirmer que la liquidation judiciaire est inévitable lorsque le dirigeant est frappé d’une interdiction de gérer.

Source : Cour de cassation – Base Open Data « Judilibre » & « Légifrance ».