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Maître Reda KOHEN, avocat au Barreau de Paris
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Tribunal de commerce de Amiens, le 22 janvier 2026, n°2026F00092

Le tribunal de commerce d’Amiens, dans un jugement du 22 janvier 2026, a ouvert une liquidation judiciaire simplifiée à l’encontre d’une société commerciale. La société avait déposé une déclaration de cessation des paiements le 30 décembre 2025, invoquant son impossibilité de faire face à son passif exigible. La question de droit portait sur les conditions d’ouverture de cette procédure spécifique. Le juge a fait droit à la demande en constatant l’état de cessation des paiements et l’absence de perspective de redressement.

L’appréciation de la cessation des paiements et de l’impossibilité de redressement.

Le tribunal a d’abord vérifié le caractère commercial de l’entreprise et la réalité de sa défaillance financière. Il a estimé que les pièces fournies démontraient que la société était dans « l’impossibilité de faire face à son passif exigible avec son actif disponible » (Motifs). Cette appréciation concrète de l’insolvabilité constitue le fondement légal de toute procédure collective. La valeur de ce constat est de garantir que seules les entreprises véritablement irrémédiablement atteintes accèdent à la liquidation.

Le juge a ensuite écarté toute possibilité de redressement en raison d’une « impossibilité manifeste de l’intéressée de se redresser » (Motifs). Cette condition, propre à la liquidation simplifiée, évite d’imposer une procédure de sauvegarde ou de redressement judiciaire inutile. La portée de cette appréciation est de permettre une sortie rapide et économique du marché pour les petites structures sans avenir viable.

L’encadrement procédural de la liquidation judiciaire simplifiée.

Le jugement fixe la date de cessation des paiements au 1er décembre 2025, point de départ des actions en nullité de la période suspecte. Cette détermination précise est essentielle pour la sécurité juridique des créanciers et du débiteur. Le tribunal nomme également un juge commissaire et un liquidateur, conformément aux articles L. 644-1 et suivants du code de commerce. Cette désignation assure le contrôle judiciaire de la procédure et la réalisation de l’actif.

Enfin, le délai de clôture est fixé à neuf mois, conformément à l’article L. 644-5 du code de commerce. Cette durée réduite caractérise la procédure simplifiée, destinée à liquider rapidement les biens d’entreprises de faible taille. La portée de ce délai est de limiter les frais de procédure et de permettre un désendettement accéléré du débiteur personne physique, si la société est une SARL.

Source : Cour de cassation – Base Open Data « Judilibre » & « Légifrance ».