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Maître Reda KOHEN, avocat au Barreau de Paris
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Tribunal de commerce de Carcassonne, le 28 janvier 2026, n°2026000580

Le Tribunal de commerce de Carcassonne, par un jugement du 28 janvier 2026, a prononcé la liquidation judiciaire simplifiée d’une société exploitant un salon de coiffure. La dirigeante avait déposé une déclaration de cessation des paiements le 27 janvier 2026, sollicitant une liquidation directe sans période d’observation. La question de droit portait sur la réunion des conditions légales pour ouvrir une liquidation judiciaire simplifiée. Le tribunal a fait droit à la demande, constatant l’absence d’actif immobilier et l’impossibilité manifeste d’un redressement.

L’ouverture de la liquidation judiciaire simplifiée est justifiée par les critères légaux de taille et d’irrémédiabilité de la situation. Le tribunal relève que le débiteur « n’existe aucun actif immobilier, que le chiffre d’affaire annuel est inférieur à 750.000,00 € hors taxes et que le nombre de salarié (…) est inférieur ou égal à cinq » (Motifs). Ces éléments caractérisent une petite entreprise éligible à la procédure simplifiée prévue par le code de commerce. La valeur de ce jugement est d’appliquer strictement les seuils légaux pour éviter des lenteurs inutiles. Sa portée est d’accélérer le traitement des liquidations des micro-entreprises en difficulté.

L’appréciation de l’impossibilité manifeste de redressement fonde le rejet d’une période d’observation et le prononcé direct de la liquidation. Le tribunal estime que « la situation est irrémédiablement compromise, le redressement manifestement impossible » (Motifs), en se fondant sur les déclarations de la dirigeante. Cette motivation révèle une approche pragmatique où la cessation d’activité rend toute tentative de sauvetage vaine. La portée de cette solution est d’éviter des délais superflus pour les créanciers et le débiteur. Elle souligne le rôle central du juge dans l’évaluation de l’espérance de continuation.

La fixation de la date de cessation des paiements au 5 janvier 2026, sur la base des déclarations du débiteur, respecte le principe de réalité économique. Le tribunal indique que « les échanges lors de l’audience permettent de confirmer cette date » (Motifs), sans recourir à une expertise. Cette solution valorise la coopération du débiteur dans la détermination de l’état de cessation des paiements. Sa portée est d’assurer la sécurité juridique pour les créanciers et le liquidateur. Elle confirme que le juge peut se fier aux déclarations non contestées.

La désignation d’un liquidateur et d’un juge commissaire, ainsi que l’inventaire dans les quinze jours, structurent la procédure simplifiée. Le tribunal ordonne que « l’inventaire devra être déposé au Greffe (…) dans le délai de quinze jours » (Motifs), sous peine de remplacement. Cette mesure garantit une rapidité d’exécution propre à la liquidation simplifiée. La portée de cette décision est de limiter les frais et les délais pour les petites entreprises. Elle illustre l’efficacité recherchée par le législateur pour les procédures de faible ampleur.

Source : Cour de cassation – Base Open Data « Judilibre » & « Légifrance ».