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Maître Reda KOHEN, avocat au Barreau de Paris
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Tribunal de commerce de Valenciennes, le 2 février 2026, n°2026001534

Le tribunal de commerce de Valenciennes, dans son jugement du 2 février 2026, a ouvert une procédure de redressement judiciaire à l’encontre d’une auto-école en cessation des paiements. La société débitrice a effectué une déclaration de cessation des paiements le 29 janvier 2026, sollicitant elle-même l’ouverture d’un redressement judiciaire. Le tribunal a constaté que l’entreprise se trouvait dans l’impossibilité de faire face à son passif exigible de 146 607,32 euros avec son actif disponible. La question de droit portait sur les conditions d’ouverture d’un redressement judiciaire pour une entreprise en cessation des paiements mais présentant des perspectives de redressement. La solution retenue est l’ouverture de la procédure avec une période d’observation de six mois.

I. L’ouverture du redressement judiciaire fondée sur la cessation des paiements et les perspectives de redressement.

Le tribunal a d’abord vérifié l’état de cessation des paiements, condition essentielle pour ouvrir toute procédure collective. Il résulte des informations recueillies que la société ne pouvait faire face à son passif exigible avec son actif disponible, justifiant ainsi l’ouverture du redressement. La cessation des paiements a été fixée provisoirement au 30 avril 2025, une date antérieure à la déclaration, conformément aux pièces produites et aux inscriptions de privilèges. Cette fixation permet de délimiter la période suspecte et d’assurer l’égalité entre créanciers.

Le tribunal a également constaté que l’entreprise était susceptible de présenter un plan de redressement, condition cumulative pour ouvrir un redressement judiciaire. Il a estimé qu’il convenait d’ouvrir la procédure en vue de déterminer sa situation économique, financière, fiscale et sociale et de rechercher les perspectives de redressement. Cette appréciation souveraine des juges du fond repose sur les explications fournies en chambre du conseil et les pièces du dossier.

II. Les mesures d’organisation de la période d’observation et de gestion de la procédure.

Le tribunal a désigné un administrateur judiciaire avec pour mission d’assister le débiteur pour tous les actes de gestion et de disposition. Cette mission d’assistance, et non de représentation, préserve la capacité de gestion du dirigeant tout en encadrant ses décisions les plus importantes. La nomination d’un mandataire judiciaire distinct permet de garantir la défense des intérêts collectifs des créanciers et la vérification des créances.

La période d’observation a été fixée à six mois, avec une comparution prévue le 30 mars 2026 pour faire le point sur la poursuite d’activité. Le tribunal a également ordonné un inventaire des biens par un commissaire-priseur, conformément aux articles L.622-6 et R.622-4 du code de commerce. Ces mesures visent à établir un diagnostic précis de la situation patrimoniale et à préparer les voies de sortie de la procédure, qu’il s’agisse d’un plan de redressement ou d’une liquidation judiciaire.

Source : Cour de cassation – Base Open Data « Judilibre » & « Légifrance ».