Le Tribunal de commerce de Compiègne, dans un jugement du 4 février 2026, a prononcé la liquidation judiciaire d’une société de transport Vtc. La procédure a été initiée par une requête du ministère public, après que le débiteur a été entendu en chambre du conseil. La question de droit portait sur la caractérisation de l’état de cessation des paiements et l’impossibilité manifeste d’un redressement. La solution retenue par le tribunal est l’ouverture d’une liquidation judiciaire avec une date de cessation des paiements fixée au 4 août 2024.
I. La caractérisation de l’état de cessation des paiements
Le tribunal fonde sa décision sur l’absence de coopération du dirigeant et le montant des dettes fiscales. Les motifs indiquent que “la société est débitrice de la somme de 658 633.00 euros vis-à-vis du PRS de l’Oise” (Motifs). Cette dette fiscale non apurée établit l’impossibilité de faire face au passif exigible avec l’actif disponible. La carence de la gérance, qui n’a fourni aucune information sur l’entreprise, aggrave cette situation. Le juge en déduit que l’état de cessation des paiements est pleinement caractérisé. La valeur de cette solution est de rappeler l’importance du passif fiscal comme élément déterminant. Sa portée est d’assouplir la preuve de la cessation des paiements en cas de silence du débiteur.
II. L’impossibilité manifeste de redressement
Le tribunal prononce la liquidation directe sans phase de redressement, constatant une impossibilité manifeste. Les motifs précisent que “son redressement est manifestement impossible” (Motifs). Cette impossibilité découle de l’absence totale d’informations sur la capacité de l’entreprise à se rétablir. Le rapport d’enquête n’a révélé aucun élément positif sur l’activité ou les perspectives économiques. La valeur de cette solution est d’écarter toute procédure de sauvegarde ou de redressement inutile. Sa portée est de renforcer le rôle du juge dans l’évaluation sommaire de la viabilité, même sans expertise comptable complète.