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Maître Reda KOHEN, avocat au Barreau de Paris
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Tribunal de commerce de Carcassonne, le 28 janvier 2026, n°2026000572

Le tribunal de commerce de Carcassonne, par un jugement du 28 janvier 2026, a prononcé la liquidation judiciaire simplifiée d’une société de coaching nutritionnel. La procédure a été initiée par la déclaration de cessation des paiements de la dirigeante, qui a comparu en chambre du conseil. La question centrale était de savoir si les conditions légales de la liquidation judiciaire étaient réunies, en particulier l’état de cessation des paiements et l’impossibilité manifeste de redressement. Le tribunal a répondu par l’affirmative, en prononçant la liquidation simplifiée et en fixant la date provisoire de cessation des paiements.

L’appréciation de l’état de cessation des paiements par le tribunal.

Le tribunal se fonde sur les déclarations du débiteur et les informations recueillies pour caractériser la cessation des paiements. Il retient que le débiteur a cessé toute activité et ne dispose plus d’aucun actif immobilier. “Attendu qu’il résulte des déclarations du débiteur et de la déclaration de cessation des paiements qu’il n’existe aucun actif immobilier” (Sur ce, premier attendu). Cette absence d’actif confirme l’impossibilité de faire face au passif exigible avec l’actif disponible.

La valeur de cette motivation réside dans la prise en compte de la situation économique réelle de l’entreprise. En se basant sur les aveux du débiteur et les pièces du dossier, le tribunal écarte tout formalisme excessif et privilégie la constatation concrète de l’insolvabilité. La portée de cette solution est de rappeler que la cessation des paiements peut être établie par des éléments simples, comme l’absence d’actif immobilier et la cessation d’activité. Ce faisant, le juge consulaire exerce son pouvoir souverain d’appréciation des faits.

Le constat de l’impossibilité manifeste de redressement et le choix de la liquidation simplifiée.

Le tribunal estime que la situation est irrémédiablement compromise et que le redressement est manifestement impossible. Il relève que le chiffre d’affaires annuel est inférieur à 750 000 euros et que l’effectif salarié est inférieur ou égal à cinq. “Attendu que les informations recueillis par le tribunal permettent de considérer que la situation est irrémédiablement compromise, le redressement manifestement impossible” (Sur ce, deuxième attendu). Ces seuils légaux ouvrent la voie à la procédure simplifiée.

La valeur de cette décision est d’appliquer strictement les critères de la liquidation judiciaire simplifiée prévus par le code de commerce. En prononçant cette procédure allégée, le tribunal favorise la rapidité et l’économie des frais de justice. La portée de ce jugement est de confirmer que la demande du débiteur, lorsqu’elle est fondée sur une situation sans issue, doit être accueillie sans période d’observation. Cela illustre le rôle du tribunal comme gardien de l’efficacité des procédures collectives.

Source : Cour de cassation – Base Open Data « Judilibre » & « Légifrance ».