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Maître Reda KOHEN, avocat au Barreau de Paris
Maître Reda KOHEN
Avocat au Barreau de Paris

Tribunal de commerce de Saint-Malo, le 20 janvier 2026, n°2026000152

Le Tribunal de commerce de Saint-Malo, par un jugement rendu le 20 janvier 2026, a ouvert une procédure de liquidation judiciaire simplifiée à l’encontre d’une société exploitant un bar à vins et bières. Le dirigeant de la société débitrice avait lui-même sollicité cette mesure le 16 janvier 2026, invoquant des difficultés de trésorerie irrémédiables. La question de droit portait sur la réunion des conditions légales de la liquidation judiciaire, notamment l’état de cessation des paiements et l’absence de perspective de redressement. Le tribunal a fait droit à la demande en constatant ces deux éléments et en ouvrant la procédure simplifiée.

La caractérisation de l’état de cessation des paiements repose sur une appréciation concrète du passif et de l’actif. Le tribunal a constaté que « l’état de cessation des paiements de la SARL LH-DIN est avéré » (Motifs). Cette affirmation est fondée sur l’impossibilité pour la société de faire face à un passif exigible de 12 027 euros avec un actif disponible nul. Le sens de cette décision est de rappeler que la cessation des paiements s’apprécie strictement par la comparaison entre le passif immédiatement dû et les liquidités disponibles. La valeur de ce constat est de sécuriser la procédure en exigeant une preuve chiffrée et non contestée de l’insolvabilité. Sa portée est d’écarter toute marge d’appréciation subjective pour le juge lorsque les éléments comptables sont clairs.

L’absence de perspective de redressement justifie le choix de la liquidation judiciaire simplifiée plutôt qu’un plan de sauvegarde ou de redressement. Le tribunal a estimé que « il n’existe, compte tenu des circonstances, aucune perspective de redressement » (Motifs). Cette appréciation souveraine des juges du fond repose sur l’exposé des difficultés par le dirigeant et l’absence d’activité viable. Le sens de cette solution est de réserver la liquidation aux situations où toute restructuration est impossible. Sa valeur est de donner au tribunal un pouvoir d’évaluation globale de la situation économique. Sa portée pratique est de permettre une clôture rapide, le délai d’examen étant fixé à six mois.

La fixation provisoire de la date de cessation des paiements au 1er décembre 2025 constitue une mesure technique essentielle pour la suite de la procédure. Le tribunal a suivi la date indiquée par le déclarant sans la contester. Cette date détermine la période suspecte et l’étendue des actions en nullité de la période légale. Le sens de cette fixation est de garantir la sécurité juridique des actes passés avant le jugement. Sa valeur est de reposer sur la déclaration du débiteur, faute d’élément contraire. Sa portée est de préserver les droits des créanciers en permettant de remonter dans le temps.

Source : Cour de cassation – Base Open Data « Judilibre » & « Légifrance ».