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Maître Reda KOHEN, avocat au Barreau de Paris
Maître Reda KOHEN
Avocat au Barreau de Paris

Tribunal de commerce de Reims, le 20 janvier 2026, n°2025F05160

Le Tribunal de commerce de Reims, par un jugement du 20 janvier 2026, a ouvert une procédure de redressement judiciaire à l’égard d’une société de transport routier, sur requête d’un créancier.

Un créancier a saisi le tribunal sur le fondement de l’article R.631-4 du code de commerce. Le ministère public a également requis l’ouverture d’une procédure collective après enquête. La débitrice, défaillante, n’a pas comparu à l’audience.

La question de droit portait sur la caractérisation de l’état de cessation des paiements. Le tribunal a constaté que la société débitrice était dans l’impossibilité de faire face à son passif exigible avec son actif disponible.

La solution retient que les conditions légales de l’ouverture d’un redressement judiciaire sont réunies. Le tribunal a donc prononcé cette ouverture avec une période d’observation de six mois.

I. La caractérisation de l’état de cessation des paiements

Le tribunal a constaté que la débitrice « se trouve dans l’impossibilité de faire face à son passif exigible avec son actif disponible » (Attendu). Cette formulation reprend la définition légale de l’état de cessation des paiements prévue à l’article L.631-1 du code de commerce.

La valeur de cette constatation est essentielle car elle constitue la condition préalable à toute ouverture de redressement judiciaire. En l’espèce, le tribunal s’est fondé sur la requête du créancier, les informations recueillies et les pièces produites pour établir cette situation.

La portée de cette solution est de rappeler que le juge doit vérifier souverainement l’existence de l’état de cessation des paiements. La défaillance de la débitrice n’a pas empêché le tribunal de se prononcer sur cette condition.

II. Les mesures d’organisation de la procédure collective

Le tribunal a désigné un administrateur judiciaire avec mission d’assister la société pour tous les actes de gestion courante. Cette nomination est justifiée par la nécessité perçue par le juge.

La valeur de cette désignation réside dans la protection de l’entreprise et de ses créanciers pendant la période d’observation. L’administrateur assiste la débitrice pour préserver ses chances de redressement.

La portée de ce jugement est d’illustrer la mise en œuvre des pouvoirs du tribunal de commerce dans l’ouverture d’une procédure collective. La fixation de la date de cessation des paiements au 20 juillet 2024 permet de déterminer la période suspecte et d’exercer d’éventuelles actions en nullité.

Source : Cour de cassation – Base Open Data « Judilibre » & « Légifrance ».