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Maître Reda KOHEN, avocat au Barreau de Paris
Maître Reda KOHEN
Avocat au Barreau de Paris

Tribunal de commerce de commerce de Bordeaux, le 19 janvier 2026, n°2024F01315

L’appréciation de la condition de bonne foi et des difficultés passagères.

Le tribunal estime que la détention d’un portefeuille d’assurance-vie valorisé à 100 000 euros constitue un obstacle à l’octroi de délais. Il considère que la débitrice « fait le choix de ne pas liquider ce portefeuille alors que la créance de la banque doit être recouvrée » (Motifs, Pour la BANQUE POPULAIRE AQUITAINE CENTRE ATLANTIQUE). Cette réticence à mobiliser un actif disponible pour honorer une dette non contestée révèle une absence de bonne foi. La valeur de ce portefeuille dépasse largement la créance, rendant ses difficultés non pas passagères mais structurelles.

La valeur de cette décision réside dans l’appréciation concrète de la bonne foi par le juge consulaire. Le tribunal ne se limite pas à un examen des revenus, mais intègre l’existence d’un patrimoine liquide et disponible. La portée de ce jugement est de rappeler que le débiteur ne peut invoquer des difficultés financières s’il dispose d’une épargne qu’il refuse d’utiliser. Il s’agit d’une application stricte de l’article 1343-5 qui exige une véritable contrainte économique.

L’échec antérieur d’un plan amiable et l’exigibilité de la créance.

Le tribunal souligne qu’un premier plan de paiement, accepté par la banque, « s’est avéré totalement vain » (Motifs, Sur ce). La débitrice n’a pas respecté ses engagements malgré un échelonnement déjà favorable. Cette circonstance démontre l’inefficacité d’un nouveau report et justifie le refus de la juridiction. Le juge retient que la banque « a recherché précédemment une solution amiable et étalée » (Motifs, Sur ce), ce qui exclut tout abus de sa part.

Le sens de cette motivation est de sanctionner le comportement du débiteur qui n’a pas su honorer un accord négocié. La valeur de l’arrêt est de rappeler que les délais judiciaires ne sont pas un droit absolu, mais une faveur conditionnée à la perspective d’un paiement futur. La portée pratique est importante : un débiteur qui a déjà bénéficié d’un moratoire sans succès voit ses chances d’obtenir un nouveau report considérablement réduites. La créance, certaine et liquide, doit être exécutée.

Source : Cour de cassation – Base Open Data « Judilibre » & « Légifrance ».