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Maître Reda KOHEN, avocat au Barreau de Paris
Maître Reda KOHEN
Avocat au Barreau de Paris

Tribunal de commerce de Grasse, le 14 janvier 2026, n°2025F00613

Le tribunal de commerce de Grasse, dans un jugement du 14 janvier 2026, a autorisé le renouvellement de la période d’observation d’une société en redressement judiciaire. La procédure était marquée par une demande de conversion en liquidation judiciaire émanant du mandataire, un avis favorable du ministère public et un rapport du juge-commissaire allant dans le même sens. La question de droit portait sur la possibilité de maintenir la période d’observation malgré les carences du débiteur. Le tribunal a accueilli la demande de renouvellement tout en nommant un administrateur judiciaire avec mission d’assistance.

Le maintien de la période d’observation est justifié par la perspective d’une solution de continuation. Le tribunal a estimé que “le maintien de la procédure de redressement se justifie par la perspective d’une solution de continuation ou de cession de l’entreprise” (Motifs). Cette décision consacre la primauté de l’espoir de redressement sur les difficultés immédiates de gestion. La portée est ici de rappeler que le juge conserve un pouvoir souverain d’appréciation des chances de survie de l’entreprise.

La nomination d’un administrateur judiciaire avec mission d’assistance répond à la carence du débiteur. Le tribunal a désigné un professionnel “face à la carence de production de documents du débiteur” (Motifs). Cette mesure traduit une volonté de renforcer le contrôle sans basculer dans la liquidation. La valeur de cette solution est d’équilibrer les intérêts du débiteur et des créanciers. Son sens est de préserver l’outil économique tout en suppléant les défaillances du dirigeant.

La fixation d’une nouvelle audience dans un délai rapproché assure un suivi dynamique de la procédure. Le tribunal a programmé une échéance au 15 avril 2026 pour statuer sur les suites à donner. Cette disposition garantit un réexamen périodique de la situation de l’entreprise. La portée est d’éviter un allongement excessif de la période d’observation sans contrôle juridictionnel. Elle illustre la vigilance du juge face aux risques de dérive de la procédure collective.

Source : Cour de cassation – Base Open Data « Judilibre » & « Légifrance ».