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Maître Reda KOHEN, avocat au Barreau de Paris
Maître Reda KOHEN
Avocat au Barreau de Paris

Tribunal de commerce de Angers, le 9 janvier 2026, n°2025005534

Le Tribunal de commerce d’Angers, par un jugement du 9 janvier 2026, a arrêté le plan de redressement d’une société de restauration rapide. Après l’ouverture d’un redressement judiciaire le 22 janvier 2025, la période d’observation de dix mois a révélé une exploitation bénéficiaire. La question centrale était de savoir si le projet de plan de continuation permettait d’assurer la pérennité de l’entreprise et l’apurement du passif. Le tribunal y a répondu favorablement en arrêtant le plan proposé sur dix ans.

I. La validation des conditions d’arrêté du plan de redressement

La décision consacre l’appréciation souveraine du tribunal quant aux capacités de l’entreprise à exécuter ses engagements. Le jugement relève que « l’exploitation est aujourd’hui bénéficiaire » et qu’un plan est « envisageable » grâce aux projections comptables (Discussion). Cette appréciation concrète des perspectives de rétablissement constitue le socle de la décision.

La consultation des créanciers a également joué un rôle déterminant dans la validation du plan. Le tribunal constate que « les créanciers sont majoritairement favorables en nombre aux propositions » (Motivation). Cette adhésion majoritaire, couplée à l’avis favorable du ministère public, a convaincu la juridiction de la viabilité du projet.

II. La portée des mesures d’exécution et des garanties ordonnées

Le jugement impose un apurement intégral du passif à hauteur de cent pour cent sur dix années, avec un échéancier précis et constant. La décision fixe une « inaliénabilité du fonds de commerce » pendant toute la durée du plan afin de garantir les créanciers (Dispositif). Cette mesure protectrice renforce la sécurité des paiements futurs.

La portée pratique de la décision réside dans le contrôle rigoureux de l’exécution par un commissaire au plan. Ce dernier recevra chaque année les comptes et un prévisionnel, tandis que la société devra justifier du paiement régulier de ses cotisations sociales et fiscales. Ces obligations assurent un suivi dynamique de la bonne exécution du plan jusqu’à son terme.

Source : Cour de cassation – Base Open Data « Judilibre » & « Légifrance ».