Cabinet Kohen Avocats · Paris

Maître Reda KOHEN intervient en droit immobilier, droit des sociétés et droit des affaires à Paris. Première analyse offerte, réponse personnelle sous 24 heures.

100 % confidentiel · Secret professionnel · Sans engagement

Barreau de Paris Immobilier, sociétés, affaires Fiche CNB avocat.fr
Maître Reda KOHEN, avocat au Barreau de Paris
Maître Reda KOHEN
Avocat au Barreau de Paris

Entreprise en difficulté : mandat ad hoc, conciliation ou sauvegarde avant la liquidation judiciaire ?

Les défaillances d’entreprises sont redevenues un sujet immédiat pour les dirigeants. Le 3 avril 2026, la Banque de France comptabilisait 69 392 défaillances sur les douze mois arrêtés à fin février 2026. La semaine dernière, Altares a publié un bilan encore plus tendu : 18 986 procédures collectives ouvertes au premier trimestre 2026, soit 71 100 défaillances sur douze mois glissants. Dans ce contexte, la question recherchée par beaucoup de chefs d’entreprise n’est pas théorique : entreprise en difficulté, que faire avant le redressement judiciaire ou la liquidation judiciaire ?

La réponse dépend d’abord du moment auquel le dirigeant agit. Tant que la société n’est pas en cessation des paiements, le mandat ad hoc et la procédure de sauvegarde peuvent permettre d’organiser une négociation ou une protection judiciaire. Si les difficultés sont plus avancées mais restent récentes, la conciliation peut encore être envisagée. Si l’entreprise ne peut plus faire face à son passif exigible avec son actif disponible, il faut raisonner en redressement judiciaire, voire en liquidation judiciaire lorsque le redressement est manifestement impossible.

L’enjeu est donc de choisir le bon outil avant que la crise de trésorerie ne devienne une procédure subie. Un avocat en droit des affaires à Paris peut aider à qualifier la situation, préparer la requête utile, organiser les négociations et éviter les erreurs qui aggravent la responsabilité du dirigeant.

Entreprise en difficulté : la question à trancher tout de suite

Le premier diagnostic tient en trois questions.

La société peut-elle payer ses dettes exigibles avec sa trésorerie disponible, ses encaissements certains et ses lignes mobilisables ? Si oui, l’entreprise n’est pas nécessairement en cessation des paiements. Le dirigeant peut travailler sur une solution préventive : mandat ad hoc, conciliation ou sauvegarde.

La société a-t-elle seulement un décalage de trésorerie, ou une impasse structurelle ? Un retard URSSAF, un échéancier fiscal tendu, un bailleur menaçant, une banque qui réduit un concours ou un fournisseur stratégique qui bloque les livraisons ne commandent pas la même réponse. Un simple étalement peut suffire dans certains dossiers. Dans d’autres, il faut obtenir un gel, une renégociation globale ou un plan plus profond.

Enfin, les créanciers sont-ils encore prêts à discuter ? Le mandat ad hoc et la conciliation reposent sur la négociation. Ils sont utiles lorsque la banque, le bailleur, les fournisseurs ou les administrations peuvent accepter un calendrier réaliste. Si les assignations, saisies, résiliations et ruptures de livraison sont déjà engagées, il faut envisager plus vite une procédure collective.

Mandat ad hoc : négocier sans publicité

Le mandat ad hoc est souvent le premier réflexe pertinent quand l’entreprise connaît des difficultés sérieuses mais veut préserver la confidentialité. L’article L. 611-3 du Code de commerce permet au président du tribunal de désigner un mandataire ad hoc à la demande du débiteur.

En pratique, le dirigeant reste aux commandes. Le mandataire ad hoc l’aide à débloquer une négociation : banque, bailleur commercial, fournisseur important, associé conflictuel, créancier public ou partenaire contractuel. La procédure n’est pas publiée. C’est un point décisif pour une entreprise qui ne veut pas inquiéter ses clients, ses salariés, ses fournisseurs ou ses financeurs.

Le mandat ad hoc est adapté lorsque l’entreprise peut encore présenter un plan crédible : trésorerie prévisionnelle, liste des dettes, calendrier proposé, mesures de réduction de charges, perspectives d’encaissement, actif mobilisable. Il ne sert pas à gagner du temps sans stratégie. Si la société ne peut plus payer ses dettes exigibles et n’a aucun scénario sérieux, il devient dangereux de masquer la difficulté sous une négociation trop tardive.

Conciliation : formaliser un accord avant le dépôt de bilan

La conciliation est une procédure amiable plus encadrée. Elle vise à favoriser un accord entre l’entreprise et ses principaux créanciers. Elle peut être utile quand la difficulté est avérée ou prévisible, y compris lorsque la cessation des paiements est récente, à condition qu’elle ne dure pas depuis plus de 45 jours.

Son intérêt est double. D’abord, elle donne un cadre judiciaire discret à la négociation. Ensuite, l’accord obtenu peut être constaté ou homologué, ce qui renforce sa sécurité. Pour une PME qui doit négocier simultanément avec une banque, l’URSSAF, un bailleur et deux fournisseurs essentiels, ce cadre peut éviter une succession de promesses isolées et fragiles.

La conciliation doit être préparée avec des chiffres robustes. Le dirigeant doit être capable d’expliquer ce qu’il demande, pourquoi cette demande est réaliste et comment l’entreprise financera la suite. Un échéancier irréaliste sera refusé. Une demande floue fragilisera la crédibilité du dossier. La bonne approche consiste à isoler les créanciers critiques, les échéances non négociables, les dettes susceptibles d’étalement et les mesures internes déjà décidées.

Procédure de sauvegarde : protéger l’entreprise avant la cessation des paiements

La sauvegarde est une procédure judiciaire, mais elle suppose que l’entreprise ne soit pas en cessation des paiements. L’article L. 620-1 du Code de commerce vise le débiteur qui justifie de difficultés qu’il n’est pas en mesure de surmonter seul. Elle a pour objet de faciliter la réorganisation de l’entreprise, la poursuite de l’activité, le maintien de l’emploi et l’apurement du passif.

La sauvegarde peut être utile lorsqu’une négociation amiable ne suffit plus, mais que l’activité reste sauvable. Elle permet d’ouvrir une période d’observation, de geler une partie de la pression des créanciers et de construire un plan. Elle est plus visible qu’un mandat ad hoc ou qu’une conciliation, car elle relève des procédures collectives à Paris. Ce coût réputationnel doit être mis en balance avec le bénéfice de protection.

La sauvegarde ne doit pas être confondue avec une liquidation amiable ou une simple mise en sommeil. Elle concerne une entreprise qui continue, qui veut restructurer son passif et qui peut présenter une perspective de redressement. Si l’activité est arrêtée, les clients partis, les fournisseurs perdus et la trésorerie inexistante, la sauvegarde risque d’être refusée ou convertie.

Redressement ou liquidation judiciaire : quand l’amiable arrive trop tard

Lorsque la cessation des paiements est caractérisée, le redressement judiciaire devient le cadre naturel si l’activité peut encore être poursuivie. L’article L. 631-1 du Code de commerce vise le débiteur en cessation des paiements. L’objectif du redressement est de permettre la poursuite de l’activité, l’apurement du passif et le maintien de l’emploi lorsque cela reste possible.

La liquidation judiciaire intervient lorsque le redressement est manifestement impossible. Le critère n’est pas seulement l’existence de dettes. Il faut apprécier l’activité, les perspectives commerciales, la trésorerie, les actifs, les contrats essentiels, les salariés, les contentieux en cours et la possibilité réelle de proposer une continuation ou une cession.

Le dirigeant doit éviter une confusion fréquente : attendre pour ne pas « faire faillite » peut aggraver la situation. Retarder une déclaration obligatoire, payer certains créanciers au détriment d’autres, poursuivre une activité déficitaire sans perspective ou organiser des transferts d’actifs dans l’urgence peut créer un risque personnel. Le bon arbitrage n’est pas de choisir la procédure la moins visible, mais la procédure compatible avec les chiffres réels.

Quels documents préparer avant de saisir le tribunal

Un dossier de prévention ou de procédure collective se gagne d’abord sur la préparation. Avant un mandat ad hoc, une conciliation ou une sauvegarde, il faut réunir les pièces utiles :

  • extrait Kbis récent ou numéro Siren ;
  • comptes annuels disponibles et situation comptable intermédiaire ;
  • état des dettes avec échéancier, créancier par créancier ;
  • liste des créanciers critiques : banque, bailleur, fournisseur bloquant, URSSAF, impôts ;
  • état actif et passif des sûretés, cautions, nantissements et engagements hors bilan ;
  • situation de trésorerie actuelle et prévisionnelle ;
  • prévisionnel d’exploitation réaliste ;
  • contrats essentiels : bail commercial, contrats clients majeurs, prêts, garanties, contrats fournisseurs ;
  • mesures déjà prises : réduction de charges, relance clients, cession d’actifs, accord bancaire envisagé ;
  • contentieux ou menaces en cours : assignation, commandement, saisie, résiliation, rupture de concours bancaire.

Cette liste permet de répondre à la vraie question du tribunal : l’entreprise demande-t-elle une aide crédible pour passer une crise, ou cherche-t-elle seulement à retarder une issue déjà inévitable ?

Paris et Île-de-France : tribunal, mandataire et calendrier pratique

À Paris et en Île-de-France, le calendrier est souvent serré. Les créanciers professionnels agissent vite : commandement de payer du bailleur, mise en demeure bancaire, inscription de privilège, assignation en référé, suspension de livraisons ou déclaration d’incident. Le dirigeant doit donc organiser le dossier avant la rupture complète de confiance.

Depuis le 1er janvier 2025, Paris, Nanterre et Versailles font partie des villes dans lesquelles les tribunaux de commerce ont été remplacés par des tribunaux des activités économiques pour le traitement des procédures amiables et collectives. Cette évolution ne change pas l’urgence de fond : il faut identifier le tribunal compétent, préparer la requête, documenter les difficultés et arriver avec une demande lisible.

Dans un dossier parisien ou francilien, la valeur ajoutée consiste souvent à articuler trois niveaux : négociation confidentielle avec les créanciers clés, sécurisation juridique de la procédure choisie, puis stratégie contentieuse si un créancier refuse tout accord. Lorsque le litige porte aussi sur une facture impayée, une rupture de contrat, un bail commercial ou une garantie de dirigeant, le sujet dépasse la simple trésorerie et rejoint le contentieux commercial à Paris.

Les erreurs fréquentes qui aggravent le risque

La première erreur consiste à attendre que tous les créanciers soient agressifs. Le mandat ad hoc ou la conciliation sont beaucoup plus utiles quand quelques partenaires bloquent, mais que l’entreprise peut encore proposer une solution ordonnée.

La deuxième erreur consiste à mélanger toutes les dettes. Une dette bancaire garantie, un loyer commercial, une dette fiscale, une facture fournisseur stratégique et une dette envers un associé n’ont pas la même importance opérationnelle. L’ordre de traitement doit être assumé et justifié.

La troisième erreur consiste à promettre un échéancier impossible. Un accord amiable ne vaut que s’il peut être exécuté. Un échéancier irréaliste détruit la crédibilité du dirigeant et peut précipiter une procédure plus dure.

La quatrième erreur consiste à négliger les garanties personnelles. Caution, nantissement, garantie à première demande, engagement de compte courant, clause de déchéance du terme : ces éléments changent la stratégie de négociation. Ils doivent être relus avant toute prise de position.

La cinquième erreur consiste à traiter la liquidation judiciaire comme une simple formalité de fermeture. Lorsque des fautes de gestion, des paiements préférentiels ou des engagements personnels existent, la liquidation peut avoir des conséquences bien plus larges. Il faut donc arbitrer tôt entre prévention, sauvegarde, redressement ou liquidation, au lieu de subir la qualification au dernier moment.

Besoin d’un avis rapide sur votre dossier

Le cabinet peut organiser une consultation téléphonique en 48 heures avec un avocat du cabinet.
Nous vérifions la situation de trésorerie, les créanciers urgents, les pièces utiles et le bon choix entre négociation, sauvegarde, redressement ou liquidation.

Pour un dossier à Paris ou en Île-de-France, appelez le 06 46 60 58 22 ou utilisez le formulaire de contact.

Source : Cour de cassation – Base Open Data « Judilibre » & « Légifrance ».