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Maître Reda KOHEN, avocat au Barreau de Paris
Maître Reda KOHEN
Avocat au Barreau de Paris

Tribunal de commerce de Grenoble, le 23 décembre 2025, n°2025F02622

Le tribunal de commerce de Grenoble, dans un jugement contradictoire du 23 décembre 2025, a été saisi par une déclaration de cessation des paiements émanant d’une société par actions simplifiée exerçant des activités de transport et de logistique. La procédure, examinée en chambre du conseil le 17 décembre 2025, visait à déterminer si les conditions légales d’ouverture d’une procédure collective étaient réunies. La question de droit centrale portait sur l’existence d’un état de cessation des paiements et sur l’impossibilité manifeste d’un redressement. Le tribunal a répondu par l’affirmative en prononçant la liquidation judiciaire immédiate.

L’état de cessation des paiements caractérisé par l’insuffisance d’actif disponible.

Le tribunal a constaté que l’entreprise se trouvait en situation de cessation des paiements. Il a relevé que les informations recueillies auprès des dirigeants établissaient “son impossibilité de faire face à son passif exigible avec son actif disponible” (Attendu). Cette constatation objective fonde l’ouverture de la procédure collective.

La valeur de ce constat réside dans son caractère non contesté et conforme aux exigences des articles L.640-1 et L.640-2 du code de commerce. En validant la déclaration spontanée du débiteur, le tribunal consacre le principe de la bonne foi procédurale. La portée de cette décision est d’ouvrir immédiatement la phase de réalisation des actifs.

L’impossibilité manifeste de tout redressement justifiant la liquidation judiciaire directe.

Le tribunal a prononcé la liquidation judiciaire en raison de “l’impossibilité manifeste d’un redressement” (Motifs et Dispositif). Aucune perspective de continuation de l’activité n’a été retenue, ce qui écarte la possibilité d’un redressement judiciaire préalable.

La valeur de cette appréciation est double : elle permet d’éviter une procédure de redressement inutile et coûteuse. Elle démontre que le tribunal exerce un pouvoir souverain d’appréciation de la situation économique du débiteur. La portée de cette solution est de fixer un terme immédiat à l’activité commerciale pour protéger les créanciers.

Source : Cour de cassation – Base Open Data « Judilibre » & « Légifrance ».