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Maître Reda KOHEN, avocat au Barreau de Paris
Maître Reda KOHEN
Avocat au Barreau de Paris

Tribunal de commerce de Bourg-en-Bresse, le 17 décembre 2025, n°2025F09452

Le tribunal de commerce de Bourg-en-Bresse, dans un jugement du 17 décembre 2025, a ouvert une procédure de redressement judiciaire à l’encontre d’une société exerçant une activité commerciale. Le débiteur avait déposé une demande en ce sens le 11 décembre 2025, invoquant son impossibilité de faire face à son passif exigible. La question de droit portait sur la caractérisation de l’état de cessation des paiements et les conditions d’ouverture du redressement judiciaire. La juridiction a accueilli la demande et prononcé la mesure, fixant provisoirement la date de cessation des paiements au 9 décembre 2025.

I. La caractérisation de l’état de cessation des paiements

Le tribunal a vérifié que le débiteur se trouvait dans l’impossibilité de faire face à son passif exigible avec son actif disponible. Il a relevé que les pièces jointes et les déclarations à l’audience établissaient cette situation, sans que des réserves de crédit ou moratoires ne la compensent. La valeur de cette solution est de rappeler que la cessation des paiements est une condition impérative pour ouvrir une procédure collective. Le juge exerce un contrôle concret sur les éléments financiers fournis par le demandeur pour vérifier l’état d’insolvabilité.

La portée de ce contrôle est de garantir que la procédure ne soit ouverte que pour une entreprise réellement en difficulté. Le tribunal a ainsi constaté que le débiteur « se trouve dans l’impossibilité de faire face à son passif exigible avec son actif disponible » (motifs). Cette appréciation souveraine des faits par le juge du fond permet d’éviter les ouvertures abusives ou prématurées.

II. La fixation de la date de cessation des paiements

Le tribunal a fixé provisoirement la date de cessation des paiements au 9 décembre 2025, soit deux jours avant le dépôt de la demande. Cette décision a été prise après avoir sollicité les observations du débiteur, conformément à l’article L. 631-8 du code de commerce. Le sens de cette fixation est de déterminer le point de départ de la période suspecte, qui peut entraîner l’annulation de certains actes. La valeur de cette règle est de protéger l’intérêt collectif des créanciers contre des opérations frauduleuses.

La portée de cette fixation provisoire est qu’elle pourra être contestée ou modifiée ultérieurement dans le cadre de la procédure. Le tribunal a ainsi précisé qu’il « convient de fixer la date de cessation des paiements au 09/12/2025 » (motifs). Cette mesure permet de sécuriser les actes accomplis avant le jugement tout en laissant une marge de révision pour l’avenir.

Source : Cour de cassation – Base Open Data « Judilibre » & « Légifrance ».