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Maître Reda KOHEN, avocat au Barreau de Paris
Maître Reda KOHEN
Avocat au Barreau de Paris

Tribunal de commerce de Compiègne, le 10 décembre 2025, n°2025P00542

Le Tribunal de commerce de Compiègne, dans un jugement du 10 décembre 2025, a ouvert une procédure de redressement judiciaire à l’égard d’une société civile immobilière. Cette dernière avait déposé une demande en ce sens le 9 décembre 2025, après la défaillance de son unique locataire, lui-même en redressement judiciaire. La question de droit portait sur la caractérisation de l’état de cessation des paiements et sur l’ouverture de la procédure collective. Le tribunal a constaté cet état et prononcé le redressement judiciaire, fixant la cessation des paiements au 18 novembre 2025.

La qualification de l’état de cessation des paiements est au cœur de la décision. Le tribunal relève que la société “se trouve dans l’impossibilité de faire face à son passif exigible avec son actif disponible” (Attendu qu’il résulte…). Cette appréciation repose sur un passif déclaré de 379 941,56 euros pour un actif de 501 036,76 euros, mais dont la liquidité est compromise. La cessation des paiements est ainsi établie par l’absence de trésorerie suffisante pour honorer les dettes échues.

La fixation de la date de cessation des paiements au 18 novembre 2025 constitue un élément essentiel du jugement. Le tribunal retient cette date comme “la date à laquelle l’entreprise n’a plus été en mesure de faire face à ses charges courantes” (Attendu que la cessation…). Cette détermination, conforme à l’article L.631-8 du code de commerce, permet de délimiter la période suspecte. Elle sécurise les actes passés avant l’ouverture de la procédure et protège les intérêts des créanciers.

Le choix d’une procédure sans administrateur judiciaire révèle une appréciation pragmatique de la situation de l’entreprise. Le tribunal applique cette modalité “eu égard au montant du chiffre d’affaires hors taxes et au nombre de salariés de l’entreprise débitrice” (Attendu qu’il convient…). Cette décision simplifie la gestion de la période d’observation, adaptée à une société sans salarié. Elle illustre la volonté de proportionner les mesures aux capacités réelles du débiteur.

La portée de ce jugement réside dans son effet immédiat sur la poursuite de l’activité. Le tribunal fixe la fin de la période d’observation au 10 juin 2026 et exige un rapport sur les capacités financières de l’entreprise. Cette mesure vise à vérifier la viabilité du plan de redressement. En désignant un mandataire judiciaire, le tribunal assure la protection collective des créanciers tout en laissant au débiteur une marge de manœuvre pour se rétablir.

Source : Cour de cassation – Base Open Data « Judilibre » & « Légifrance ».