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Maître Reda KOHEN, avocat au Barreau de Paris
Maître Reda KOHEN
Avocat au Barreau de Paris

Tribunal de commerce de Lyon, le 9 décembre 2025, n°2025J01757

Le Tribunal des Activités Économiques de Lyon, dans un jugement réputé contradictoire du 9 décembre 2025, était saisi d’une demande en paiement formée par un créancier contre un débiteur défaillant. Le demandeur sollicitait le paiement d’une somme principale de 850 euros, des intérêts au double du taux légal, des dommages et intérêts pour résistance abusive, ainsi qu’une indemnité de procédure. Le défendeur, bien que régulièrement assigné, n’a pas comparu, contraignant la juridiction à statuer sur les seules pièces produites par le demandeur. La question centrale portait sur le bien-fondé de la créance et des demandes accessoires formulées par le contractant créancier. Le Tribunal a fait droit à la demande en principal, assorti d’intérêts au taux légal, accordé une indemnité réduite sur le fondement de l’article 700 du code de procédure civile, mais a rejeté la demande de dommages et intérêts.

L’office du juge face à un défendeur non comparant et l’appréciation de la créance principale.

Le jugement rappelle d’abord que le défendeur ne se présente pas, ni personne pour lui, et qu’il sera dès lors statué au vu des seules pièces produites par le demandeur. En l’absence de débat contradictoire, le juge exerce un contrôle accru sur les preuves fournies pour s’assurer de la régularité et du bien-fondé de la demande. Cette solution illustre la persistance d’un office actif du juge même en matière de défaut, garantissant le respect du principe de la contradiction. La portée de cette approche est de protéger le défendeur défaillant contre une condamnation fondée sur des allégations non vérifiées.

Ensuite, le Tribunal estime que la demande en paiement du principal apparaît régulière, recevable et fondée, car elle est conforme aux obligations souscrites par le défendeur. Le juge se réfère expressément à l’acte de vente produit en pièce 5 pour fonder sa décision, validant ainsi la force probante de ce document contractuel. La valeur de ce raisonnement réside dans la reconnaissance de l’acte sous seing privé comme élément suffisant pour établir l’existence et l’exigibilité de la créance. En conséquence, la condamnation au principal de 850 euros avec intérêts au taux légal constitue une application classique du droit des obligations contractuelles.

Le sort des demandes accessoires entre réparation du préjudice et équité procédurale.

Le Tribunal rejette la demande de dommages et intérêts pour résistance abusive en relevant que le demandeur ne justifie pas de l’existence d’un préjudice distinct de celui qui sera réparé par les intérêts de droit. Cette position rappelle le principe selon lequel les intérêts moratoires suffisent à indemniser le retard de paiement, sauf à démontrer un préjudice complémentaire spécifique. La portée de cette solution est de limiter les demandes indemnitaires abusives et de cantonner la réparation au seul préjudice économique direct lié au défaut de paiement.

Enfin, le juge accorde une indemnité de 1500 euros sur le fondement de l’article 700 du code de procédure civile, soit une somme inférieure aux 3500 euros réclamés par le demandeur. Cette décision traduit un pouvoir souverain d’appréciation du juge pour évaluer l’équité et les frais exposés, sans être lié par la demande initiale. La valeur de cette modération est de rappeler que l’indemnité de procédure ne constitue pas une réparation automatique intégrale, mais une simple participation aux frais irrépétibles. Le rejet partiel de la demande illustre ainsi une application équilibrée des principes de l’équité procédurale.

Source : Cour de cassation – Base Open Data « Judilibre » & « Légifrance ».