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Maître Reda KOHEN, avocat au Barreau de Paris
Maître Reda KOHEN
Avocat au Barreau de Paris

Tribunal judiciaire de Paris, le 18 décembre 2025, n°2025001752

Le tribunal judiciaire de Paris, statuant en matière commerciale, rend le 18 décembre 2025 une décision mettant fin à une procédure de redressement judiciaire. Après une période d’observation, le tribunal constate l’impossibilité du redressement et prononce une liquidation judiciaire simplifiée. Il applique ainsi les conditions légales prévues pour les petites entreprises en difficulté.

La consécration d’une impossibilité manifeste de redressement

Le constat judiciaire de l’échec de la période d’observation

Le tribunal fonde sa décision sur l’absence de perspectives de redressement sérieuses. Il relève que les résultats de l’entreprise sont notablement trop faibles pour envisager sérieusement la poursuite de la période d’observation. Cette analyse conduit à la conclusion qu’un plan de redressement serait, en l’état des données recueillies, illusoire. Le juge procède ainsi à une appréciation concrète et prospective de la viabilité de l’entreprise.

La protection équilibrée des intérêts en présence

La décision opère une pesée des intérêts entre la poursuite d’activité et la protection des créanciers. Le tribunal, pour soucieux qu’il soit de permettre la poursuite de l’activité de l’entreprise et le maintien de l’emploi y attaché, est également garant de l’intérêt des créanciers. Il estime que la poursuite de la période d’observation viendrait inutilement obérer encore la situation de ces derniers. Cette motivation illustre le rôle actif du juge dans la gestion de la procédure collective.

Le prononcé d’une liquidation judiciaire simplifiée

Le respect des critères légaux d’application du régime simplifié

Le tribunal vérifie méticuleusement le respect des conditions de la liquidation simplifiée. Les pièces produites attestent que les conditions prévues par les articles L. 641-2 et D. 641-10 du code de commerce sont réunies. Il relève spécifiquement l’absence de bien immobilier, moins de cinq salariés et un chiffre d’affaires inférieur à 750 000 euros. Ce contrôle strict assure l’application correcte d’un régime procédural dérogatoire.

Les modalités pratiques de mise en œuvre de la liquidation

La décision organise les suites procédurales avec une grande précision. Elle proroge le délai pour l’établissement de la liste des créances et fixe le terme du délai pour l’examen de la clôture. Elle ordonne également la comparution des parties pour voir statuer sur la clôture, la présente décision valant convocation. Cette rigueur procédurale garantit une liquidation rapide et efficace, conforme à l’esprit du régime simplifié.

Source : Cour de cassation – Base Open Data « Judilibre » & « Légifrance ».