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Maître Reda KOHEN, avocat au Barreau de Paris
Maître Reda KOHEN
Avocat au Barreau de Paris

Tribunal de commerce de Clermont-Ferrand, le 18 septembre 2025, n°2025007376

Le tribunal de commerce de Clermont-Ferrand, le 18 septembre 2025, constate l’état de cessation des paiements d’une commerçante. La procédure est ouverte à la demande de l’organisme social créancier. Le tribunal prononce une liquidation judiciaire immédiate et simplifiée sur les deux patrimoines de la débiteresse, qui a cessé son activité.

L’impossibilité manifeste de redressement

La cessation d’activité ancienne et avouée. La débiteresse indique avoir cessé son activité depuis la période du COVID et ne s’oppose pas à la liquidation judiciaire. Cette situation objective et non contestée est un élément central d’appréciation. Elle prive en effet l’entreprise de toute perspective de retour à une activité génératrice de ressources. Le tribunal relève ainsi que « le redressement de l’entreprise est manifestement impossible ». Cette impossibilité est directement liée à l’arrêt définitif de l’exploitation commerciale.

La réunion des patrimoines professionnel et personnel. Le jugement ordonne l’ouverture de la liquidation « sur ses patrimoines professionnel et personnel ». Cette décision est la conséquence logique de la cessation d’activité. Elle traduit l’absence de distinction entre la sphère professionnelle et la sphère privée du débiteur. La jurisprudence confirme cette approche lorsque l’activité a pris fin. « Le débiteur a cessé son activité le 31/05/2025 » (Tribunal de commerce de Paris, le 24 juillet 2025, n°2025053176). La situation est ici encore plus ancienne, consolidant le prononcé.

Le prononcé d’une liquidation simplifiée

Les conditions légales d’une procédure allégée. Le tribunal applique d’office le régime de liquidation judiciaire simplifiée. Ce choix procédural est justifié par la nature et l’ampleur limitées des opérations à réaliser. La débiteresse est une personne physique et son entreprise est inactive depuis plusieurs années. Le passif connu semble principalement constitué d’une créance sociale. Ce cadre simplifié vise une administration plus rapide et moins coûteuse de l’insuffisance d’actif.

Une gestion procédurale accélérée et encadrée. Le juge fixe des délais stricts pour les opérations de liquidation. Le liquidateur dispose de dix mois pour établir la liste des créances. La clôture de la procédure doit être examinée dans un délai de douze mois. Ces délais courts sont caractéristiques de la procédure simplifiée. Ils visent à éviter une prolongation indue des opérations pour une masse réduite. Cette célérité protège les intérêts des créanciers dans une situation sans espoir de réalisation d’actifs significatifs.

Source : Cour de cassation – Base Open Data « Judilibre » & « Légifrance ».