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Maître Reda KOHEN, avocat au Barreau de Paris
Maître Reda KOHEN
Avocat au Barreau de Paris

Tribunal de commerce de Saintes, le 18 septembre 2025, n°2025L00438

Le Tribunal de commerce de Saintes, statuant le 18 septembre 2025, a examiné la situation d’une société en procédure de sauvegarde ouverte en juillet. Suite à un sinistre grave ayant détruit ses locaux et archives, la société a démontré une activité préservée et une trésorerie saine. Le tribunal a dû se prononcer sur le maintien en période d’observation et sur le régime de l’administration judiciaire. Il a décidé de maintenir l’observation jusqu’en janvier 2026 et de modifier la mission de l’administrateur en simple surveillance.

Le maintien de l’observation fondé sur une capacité financière avérée

Le tribunal vérifie la pérennité de l’activité durant la procédure. L’analyse des prévisions et des déclarations conduit à un constat positif. La décision retient que l’entreprise peut poursuivre son activité et préparer un plan. « Attendu, au vu des documents versés aux débats et des explications fournies à l’audience, qu’il y a lieu de constater que la SAS 2C.Elec dispose des capacités financières suffisantes permettant de poursuivre son activité et de présenter un plan de sauvegarde » (Motifs). Ce contrôle strict assure la cohérence de la procédure avec son objectif de redressement.

La solution confirme une jurisprudence constante sur les conditions de la période d’observation. Des décisions antérieures exigent également des capacités financières suffisantes pour la poursuite d’activité. « Attendu qu’au vu des documents versés aux débats et des explications fournies à l’audience, il y a lieu de constater que l’entreprise dispose des capacités financières suffisantes pour poursuivre son activité » (Tribunal de commerce de commerce de Roanne, le 15 janvier 2025, n°2024L00406). Le juge sanctionne ainsi toute dégradation menaçant la procédure.

L’allègement du contrôle judiciaire par le passage à une mission de surveillance

La modification de la mission d’administration répond à une situation apaisée. La demande émane du dirigeant et recueille l’accord de l’administrateur judiciaire. Le tribunal entérine cette évolution après examen de la qualité de la gestion. « Attendu qu’il convient de modifier la mission de l’administrateur judiciaire en une mission de surveillance, les parties ayant sollicité lors de l’audience l’accord du tribunal » (Motifs). Cette décision adapte le cadre procédural à l’amélioration constatée.

Cette mesure illustre la flexibilité du dispositif de sauvegarde face à des circonstances évolutives. Elle témoigne d’une confiance restaurée dans la direction malgré un événement destructeur. Le juge opère ainsi un rééquilibrage au profit des prérogatives du dirigeant. La surveillance permet un contrôle allégé tout en préservant l’objectif de présentation future d’un plan. Cette étape prépare une sortie de crise sous l’égide des organes de la procédure.

En définitive, cette décision consolide la période d’observation sur des bases financières vérifiées. Elle assouplit parallèlement le contrôle judiciaire par un changement de mission. Le tribunal marque ainsi une étape positive dans le processus de redressement. L’accent reste placé sur l’élaboration future d’un plan de sauvegarde viable. La solution équilibre protection des créanciers et confiance accordée au dirigeant pour le redressement.

Source : Cour de cassation – Base Open Data « Judilibre » & « Légifrance ».