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Maître Reda KOHEN, avocat au Barreau de Paris
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Tribunal de commerce de Blois, le 19 septembre 2025, n°2025002082

Le Tribunal de commerce de Blois, le 19 septembre 2025, autorise la modification substantielle d’un plan de sauvegarde. La société débitrice, confrontée à une impossibilité de paiement, sollicitait un report d’échéance. Les commissaires à l’exécution du plan ont émis des réserves sur la situation financière. Le tribunal, après délibération, accueille la requête en reportant le paiement au 31 décembre 2025. Il statue ainsi sur les conditions d’une modification substantielle du plan.

Le cadre procédural de la modification substantielle

La compétence exclusive du tribunal pour autoriser la modification. Le jugement rappelle que le tribunal est le seul juge de la modification du plan. Cette autorisation intervient après audition des parties concernées par la procédure. « Autorise la modification substantielle du plan » (Motifs). Cette solution respecte strictement les dispositions du code de commerce applicables. Elle confirme la nécessité d’une intervention judiciaire formelle pour toute altération importante.

Le rôle consultatif et les réserves des commissaires à l’exécution. Les commissaires à l’exécution du plan ont été entendus par la juridiction. Ils ont exposé leur manque d’informations sur l’opération de cession envisagée. « Ils ignorent l’état d’avancement des discussions, le périmètre et les conditions de la cession » (Faits et procédure). Leur avis, bien que réservé, ne s’est pas opposé à la modification sollicitée. Leur audition est une étape obligatoire mais leur accord unanime n’est pas requis.

L’appréciation souveraine de l’intérêt collectif des créanciers

La prise en compte de l’intérêt des créanciers par le juge. Le tribunal fonde sa décision sur une appréciation de cet intérêt collectif. Il constate que le report sollicité sert finalement les créanciers concernés. « Il est cependant de l’intérêt des créanciers de faire droit à la requête » (Faits et procédure). Cette appréciation in concreto guide le pouvoir d’appréciation du juge du plan. Elle prime sur les inquiétudes légitimes liées à la santé financière précaire du débiteur.

L’exigence de transparence et les limites du contrôle judiciaire. Le président a exprimé le souhait d’une information plus complète sur les négociations. Le tribunal ne peut se contenter d’enregistrer une requête sans examen approfondi. « Le Tribunal ne peut se contenter d’être une chambre d’enregistrement » (Faits et procédure). Cette exigence marque la limite du contrôle possible lorsque les éléments manquent. Elle souligne la dépendance du juge à l’égard des informations fournies par le débiteur.

La portée de cette décision est double. Elle rappelle la procédure de modification tout en en illustrant la souplesse pratique. Le juge dispose d’un pouvoir d’appréciation pour concilier les intérêts en présence. Cette solution pragmatique favorise la poursuite de l’activité et l’apurement du passif. Elle s’inscrit dans l’économie générale des procédures de sauvegarde.

Source : Cour de cassation – Base Open Data « Judilibre » & « Légifrance ».