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Maître Reda KOHEN, avocat au Barreau de Paris
Maître Reda KOHEN
Avocat au Barreau de Paris

Tribunal de commerce de Paris, le 12 mars 2026, n°2025017371

Le Tribunal de commerce de Paris, statuant le 12 mars 2026, est saisi d’une demande d’ouverture d’une liquidation judiciaire. La société débitrice présente un passif exigible de dix mille euros face à un actif disponible négatif. Le tribunal constate l’état de cessation des paiements et ouvre une liquidation judiciaire simplifiée. Il fixe la date de cessation au quinze décembre 2024 et désigne les organes de la procédure.

La caractérisation de l’état de cessation des paiements

Le constat juridique de l’impossibilité de faire face au passif. Le tribunal retient la définition légale de la cessation des paiements en confrontant actif et passif. Il note que la société « est dans l’impossibilité de faire face à son passif exigible avec son actif disponible » (Motifs). Cette approche objective confirme la jurisprudence constante sur ce critère décisif. La valeur de cette qualification réside dans sa rigueur comptable, laissant peu de place à l’appréciation discrétionnaire.

La détermination rétroactive de la date de cessation. La décision fixe cette date au quinze décembre 2024 sur la base des déclarations du débiteur. « Il ressort que l’entreprise est en état de cessation des paiements depuis le 15/12/2024 » (Motifs). Cette fixation rétroactive est essentielle pour délimiter la période suspecte. Sa portée est considérable car elle affecte la validité des actes passés durant cette période.

Le régime procédural de la liquidation simplifiée

Les conditions d’application du dispositif allégé. Le tribunal vérifie le respect des seuils légaux prévus par le code de commerce. Il relève que « son actif ne comprend pas de biens immobiliers » et que son chiffre d’affaires est inférieur aux seuils (Motifs). Ce contrôle permet d’appliquer la procédure adaptée aux petites défaillances. Le sens est d’assurer une gestion proportionnée et moins coûteuse de la liquidation.

L’organisation des fonctions au sein de la procédure. La décision opère un remplacement de la représentation de la personne morale défaillante. Elle désigne « un mandataire ad hoc en remplacement de la gérante décédée » (Motifs). Par ailleurs, elle met fin à la mission de l’administrateur provisoire et nomme un liquidateur. Cette organisation assure la continuité de la représentation légale et la mise en œuvre effective de la liquidation.

Source : Cour de cassation – Base Open Data « Judilibre » & « Légifrance ».